Curl, nouvel outsider des interfaces riches ?

Connaissez-vus Curl, la technologie d’interface riche qui fait beaucoup parler d’elle ces derniers temps ? En fait de nouvel outsider, il s’agit plutôt d’un concurrent de longue date qui manquait jusqu’à présent d’agressivité commerciale.

Pour faire simple, Curl est à la fois un langage de programmation et un runtime. C’est à la fois un concurrent de Flash et Silverlight (pour la Curl Platform) et de AIR, Prism et Google Gears (pour Curl Nitro). Traduction : Curl sert à gérer du contenu « riche » dans le navigateur et à faire tourner des clients riches (RDA) sur le bureau. Lire à ce sujet : Product review: Curl 6.0 enrichens the rich Internet toolkit.

Pour la petite histoire, Curl est une technologie née il y a une dizaine d’année au MIT pour répondre à une problématique de conception d’interfaces riches. Oui vous avez bien lu : Curl est pratiquement né en même temps que Flash. Ici un petit exemple de dashboard réalisé avec Curl :

CurlDashboard.jpg

Aujourd’hui Curl fait parler de lui car l’éditeur vient de sortir une version 6 de la plateforme qui apporte (parait-il) tout un tas innovations propices au développements d’interfaces riches d’entreprise : Curl moves to take on Adobe Air in offline RIA business. Ils ont au passage remporté le titre de InfoWorld’s Technology of the Year dans la catégorie RIA.

C’est donc le marché des entreprises qui est très nettement ciblé avec un discours qui tourne autour de la sécurisation des applications et de la capacité à prendre en charge des gros volumes de données. Ils sont donc en concurrence frontal avec Microsoft / Silverlight et Adobe / Flex : The Other RIA Desktop Platform: Curl Nitro.

Pour voir à quoi ressemble une application Curl et surtout vous rendre compte de la maturité de cette technologie, je vous invite à télécharger le runtime (Curl Nitro RTE) ainsi que de tetser cette application de visualisation du social graph Facebook : CurlGraph.

CurlGraph.jpg

Selon l’éditeur il y aurait déjà plus de 300 entreprises exploitant cette technologie (principalement au Japon) et un portage du runetime sur Mac est en cours de finalisation.

Voici donc un nouveau compétiteur qui sort de l’ombre sur le marché des RIA / RDA, reste encore à savoir comment cet éditeur de taille très modeste va réussir à affronter des géants comme Microsoft (qui propose le téléchargement de Silverlight comme une mise à jour automatique) ou comme Adobe (qui impose le téléchargement de AIR avec la nouvelle version d’Adobe Reader)…

Adobe collabore avec Google et Yahoo! pour améliorer l’indexation de Flash

Aujourd’hui est un grand jour pour les professionnels du référencement, les flasheurs et toute la communauté web en générale. Adobe vient en effet d’annoncer une collaboration active avec les équipes de Google et de Yahoo! pour améliorer l’indexation des fichiers Flash : Finally, Flash Becomes Truly Searchable.

Petite explication préliminaire : Pour indexer le web Google utilise des robots (les googlebots) qui parcourent les pages d’un site une à une, en analysent le contenu et l’associent à des mots-clés au sein d’un gigantesque répertoire (la fameux index). Problème : Ces robots ne savent lire que le HTML. Ce qui veut dire que les contenus “riches” (vidéos, sons, animations Flash…) ne sont pas indexés. Rien de très grave puisque les référenceurs avaient trouvés des parades pour indexer correctement non pas les fichiers Flash mais les pages qui les contiennent. Hé oui, car une animation Flash ne se ballade jamais toute seule dans la toile, elle est forcément encapsulée dans une page HTML.

La grosse nouveauté du jour est que Adobe vient d’annoncer une collaboration officielle avec les équipes de Google et Yahoo! pour faciliter ce travail d’indexation. Concrètement, ils ont fourni à Google et Yahoo! un robot qui est capable d’analyser les fichiers Flash. Ou du moins qui est capable d’analyser certains contenus d’un fichier Flash : les textes et les liens (c’est déjà un très bon début).

Là où ça devient intéressant, c’est que le robot d’Adobe est également capable d’interagir avec votre ficher Flash. En d’autres termes, il peut cliquer sur les boutons et faire tout un tas d’opérations de base qui lui permette “d’explorer” l’application comme un utilisateur pourrait le faire.

C’est donc une excellente nouvelle puisque vous n’aurez pas à acheter la nouvelle version de telle ou telle logiciel ou à modifier tout un tas de paramètres. Traduction : ne faites rien, Google et Yahoo se chargent d’indexer vos fichiers Flash pour vous. (cf. How to Get Flash Site at the Top of Google). C’est sûr que cette annonce jette un sacré pavé dans la marre des référenceurs : Remember All Those SEO Tips You Read? They Are Wrong.

Même s’il manque encore beaucoup de travail pour pouvoir indexer de façon réellement efficace l’intégralité du contenu des fichiers Flash (images, vidéos…), cette nouvelle est très encourageante pour les concepteurs d’applications.

Pour les concepteurs d’applications ? Oui, pour les concepteurs d’interfaces en Flash qui ne font pas d’usage intensif d’image ou de vidéos. Ha mince, c’est un peu dommage, vous ne trouvez pas ?

Force est de constater qu’avec cette annonce ils passent visiblement à côté du gros du marché : Flash n’a d’intérêt que si l’on exploite ses capacités à gérer des animations vectorielles ou la vidéo (sinon il faut faire de l’HTML ou de l’Ajax). Dans la mesure où le fameux robot fournit par Adobe n’est pas en mesure d’indexer autre chose que du texte et des liens (cf. Improving Flash Indexing) il va donc passer à côté de toute la diversité et la richesse des contenus Flash (qui repose majoritairement sur les images, animations vectorielles et vidéos).

Alors bien évidement c’est une très bonne nouvelle pour les concepteurs d’applications en Flash / Flex (qui ne font pas un usage intensif des animations et vidéos en full HD), mais depuis quand une application a-t-elle besoin d’être indéxée ? Je parle de l’application en elle-même, pas du site qui l’héberge. Il n’y a pas réellement d’intérêt à référencer une interface applicative dans la mesure où elle est forcément associée à un site compagnon (qui lui s’indexe très bien).

Bref, même si nous somme en présence d’une annonce historique, je ne peux pas partager l’enthousiasme de tout ce beau monde dans la mesure où cette première étape ne va pas révolutionner le web et encore moins le marché du SEO : Flash May Now Bring More Search Traffic, Does it Matter?. C’est une étape nécessaire qui va très certainement déboucher sur des procédés et outils d’indexation plus sophistiqués, mais dans un premier temps c’est très limité.

Il reste de plus une grande question en suspend : quid de MSN et Live Search ? J’imagine difficilement Adobe livrer un tel outil à Microsoft qui est son concurrent le plus dangereux (au travers de technologies comme Silverlight ou WPF). Irons-nous donc vers une indexation limitée aux seuls partenaires d’Adobe ? Cette forme de discrimination ne fait pas l’unanimité (cf. Adobe Gets the Press But Does Search No Favors) et même au sein des équipes d’Adobe (cf. Search-ability in Flash).

Encore une fois tout ceci n’est pas si simple et le jeux des intérêts croisés fait que le chantier d’indexation des contenus riches est encore loin d’être bouclé.

/!\ Article initialemnet publié sur FredCavazza.net.

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Un centre de ressources en ligne sur les interfaces riches

Oyé-oyé braves gens, vous cherchez des informations sur les interfaces riches ? L’anglais ne vous rebute pas ? Le discours des éditeurs non plus ? Alors je vous propose ceci : User Interface Resource Center.

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Ne vous fiez pas à son nom, ce portail est bel et bien dédié aux interfaces riches. Et pour cause, la très renommée agence EffectiveUI en est le principal sponsor.

Vous trouverez donc sur ce portail un ensemble d’articles, de livrets blancs, de liens… sur des technologies comme Flash, Flex et Silverlight, le tout cautionné et alimenté par Microsoft et Adobe.

(via RIApedia)

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Nouvelle version de iGoogle : les pages-portails se densifient

Voici à quoi va ressembler la nouvelle version du service de page-portail de Google :

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Page-portail ? Oui car ils arrivent à faire rentrer tous les contenus et les services d’un portail en une seule page : Météo, flux RSS, email, tchat…

C’est encore plus flagrant avec cette deuxième capture (ils ont dépliés les [+]) :

iGoogle_2.jpg

La densité d’information sur cette page est énorme, à la limite du supportable. Par contre, une fois que l’œil est habitué, ça ne gène plus. Au premier abord, c’est très surprenant, mais finalement on se fait à cet espèce de tableau de bord personnel ultra-dense.

Vous aimez ?

(via Google Operating System)

Toute l’actualité des RIAs en un coup d’oeil

Vous vous intéressez aux RIAs ? Vous parlez l’anglais ? Alors j’ai ce qu’il vous faut : RIA.alltop.com.

RIA_Alltop.jpg

En fait il s’agit d’un portail d’agrégation (un peu à la Netvibes Universe ou Original Signal) qui agrège les blogs de professionnels du milieu. Il suffit de passer sa souris sur un titre pour lire le contenu du billet.

Bon par contre c’est tout en anglais… mais vous pouvez aussi lire ce blog !

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Gatorade offre la Lune à Tiger Woods

Bel exemple d’advergame lancé par Gatorade pour Tiger Woods : Gatorade Tiger Moonshot. Le concept de ce jeu en ligne est de dégommer des cibles depuis la Lune avec un club de golf. À priori pas de quoi fanfaronner si ce n’est que le message véhiculer par ce jeu est intéressant : que pouvait conquérir de plus Tiger Woods ? Réponse : la Lune et même l’univers.

GatoradeTiger1.jpg

La prise en main du jeu est plutôt complexe et il faut réellement s’accrocher pour dépasser les premiers niveaux. Mais là encore il y a un but : chaque niveau complété est l’occasion de se désaltérer avec la fameuse boisson. Par la suite, le gameplay est un peu plus varié et vous avez la possibilité de sauvegarder votre score dans un Hall of Fame :

GatoradeTiger2.jpg

Au final : une belle réalisation (en accord avec les bénéfices du produit et la posture de marque) mais qui mériterait un peu plus de variété et surtout un peu plus de pédagogie. Plus d’infos ici : Branded Game Launch: To the Moon, Tiger.

(via Blitz)

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Une interface inspirationnelle pour Getty Images

Getty Images, la célébrissime banque d’images vient de mettre en linge une très belle fonctionnalité : Moodstream.

Moodstream.jpg

Le principe de ce service est de vous proposer un slide show permanent de photos et de vidéos (accompagnées d’une bande son) en fonction de votre humeur (« mood » en anglais). La sélection des médias est fonction de différents critères que vous définissez sur un tableau de bord (il y a aussi des raccourcis avec la télécommande en forme de rond). Vous avez également la possibilité d’ajouter les médias qui défilent à des moodboards, sortes de listes de souhaits.

Tout l’intérêt de ce site repose dans son interface novatrice : affichage des médias en pleine page avec les panneaux en surimpression, très beaux effets de transition lors du pliage / dépliage des panneaux, bon usage du clignotement sur certains boutons pour attirer l’attention…

Bref, du très bon travail. Une réalisation inspirationnelle à la fois pour son interface et pour ce à quoi elle sert.

(via 2803 et Heaven)

Apple chercherait-il une alternative à Flash ?

C’est en tout cas la question que se pose Ryan Stewart sur son blog : Apple finally goes RIA. En fait le « débat » tourne autour de SproutCore, un framework RIA qui repose sur Ajax (donc de l’HTML et du javascript). Il semblerait qu’Apple ait embauché son créateur (Charles Jolley) dans l’équipe de développement du tout nouveau Mobile Me (l’offre SaaS qui remplace .Mac).

Pourquoi faire cela ? Tout simplement pour internaliser des compétences capables de créer des interfaces sophistiquées (justifiant l’abonnement annuel à Mobile Me) sans pour autant avoir recours à Flash (la propriété d’Adobe avec qui Apple s’est fâché au sujet de l’iPhone).

Vous avez dit iPhone ? Oui tout à fait, car c’est bien de cela dont il est question : maîtriser la chaîne de bout en bout (hardware + software + web + mobile + TV) pour en dégager un maximum de revenus : To avoid Flash lock-in, Apple looks at SproutCore.

Et oui, c’est encore une histoire de gros sous. Mais tout ceci ne doit pas non plus éloigner les rumeurs (également persistantes) au sujet de QuickTime qui pourrait bien être un cheval de Troie pour Apple (qui pourrait le transformer en un environnement d’exécution universel à la AIR).

La BBC tente l’ergonomie artistique

Alors que certains médias expérimentent de nouvelles représentations de l’information, d’autres comme la BBC innove également avec un mini-site à la frontière du participatif et de l’ergonomie artistique : BBC News White Spectrum. L’idée est ici de représenter un nuage d’émotions exprimées par la population anglaise sur un sujet d’actualité.

Nous avons tout d’abord une superbe nébuleuse qui englobe tous les avis :

WhiteSpectrum1.jpg

Il y a ensuite une vue rapprochée (chaque bulle est un commentaire) avec diverses possibilités de filtre :

WhiteSpectrum2.jpg

Et il y a enfin la lecture du commentaire :

WhiteSpectrum3.jpg

Rien à redire : c’est très plaisant à regarder, rapide à charger et tout à fait intéressant en termes d’interface.

(via Information aesthetics)

Tous les buts de l’Euro 2008 en 3D sur Yahoo! Sport

Je réagis tardivement mais saviez-vous que Yahoo! Sport proposait une fonction de magnétoscope numérique 3D pour l’Euro 2008 : Virtual Replays.

Le principe est simple : Choisissez un match / un but et revivez la scène au ralenti et sous tous les angles grâce à ce simulateur 3D :

VirtualReplays.jpg

La prise en main est assez simple et l’interface est sobre et fonctionnelle. Par contre je regrette le manque de précision des scènes 3D (peut-être le moteur 3D de Shockwave est-il à mettre en cause…).