Unity en orbite grâce à la NASA (et bientôt dans Flash) (et peut-être chez Adobe)

Voilà bien longtemps que je n’avais pas parlé de Unity3D, de son environnement de production et de son plugin qui progressent pourtant assez régulièrement (comme en témoigne cette superbe Substance Demo). Bref, tout ça pour dire que Unity3D est à l’honneur avec la toute dernière production de la NASA : Eyes ont the Solar System. Cette application en ligne est un environnement 3D permettant de découvrir notre système solaire sous toutes ses facettes :

Découvrez Mercure grâce à la NASA et à Unity

L’application est très bine conçue et permet de se déplacer en différents points de notre système solaire pour y voir les astres (planètes, lunes) et les différents engins envoyés par l’homme (les engins extra-terrestres n’y sont pas référencés). Différentes options d’affichage mettent en évidence les trajectoires des objets en orbite ainsi que les indications diverses :

Mars vu de près avec ses sondes

Il y également possible de voyager dans le temps pour revivre les grandes étapes de la découverte spatiale (uniquement les missions des la NASA) et pour admirer sous toutes ses coutures le tout dernier satellite Juno :

Détails sur le satellite Juno

Que dire sur cette application si ce n’est qu’elle est rapide à charger, très agréable à manipuler (surtout avec le mode plein écran) et simple à manipuler. Une authentique réussite qui donne un avant-gout de ce que la NASA va pouvoir proposer sur des projets plus ambitieux (notamment le prochain Astronaut: Moon, Mars and Beyond).

Ceci nous ramène donc à l’environnement Unity qui a su prouver son intérêt au marché et convaincre les institutions les plus sérieuses. Reste un problème de taille pour cet éditeur de (relative) petite taille : Le Unity Player coûte de l’argent et ne rapporte rien. C’est là où Flash 11 entre en scène et ouvre de nouveaux horizons : Unity and Flash : a sneak peek.

La dernière version de Unity (l’environnement de développement) va donc permettre d’exporter les créations vers Flash 11 et son API Stage 3D (dont la sortie officielle est programmée pour le mois d’octobre). Nous pouvons donc logiquement anticiper un abandon progressif su Unity Player au profit du Flash 11 qui supporte déjà un certain nombre de raffinements comme le moteur physique de Unity, la gestion de lumières et particules, le occlusion culling… C’est donc une très bonne nouvelle pour Unity qui va pouvoir se concentrer sur son environnement de production et partir à la conquête de nouveaux marchés comme le Japon (Unity Embraces The Heart Of The Gaming World, Launches A Tokyo Division).

L’ambition de Unity va donc être de se positionner comme la plateforme de référence pour les jeux en ligne avec la possibilité de déployer un même jeu sur iOS, Android et PC/Mac. Le potentiel des smartphones n’est plus à prouver en terme de monétisation, les jeux en flash y sont d’ailleurs très bien accueillis (The best selling iPad app on the App Store was created with Adobe Flash). Reste à assurer la distribution et la monétisation de jeux à budgets limités sur PC/Mac. Sur ce point, la montée en puissance des app store chez Apple, Chrome, Mozilla et bientôt Microsoft avec Windows 8 devrait redonner une chance aux éditeurs indépendants.

En conclusion, je dirais que le marché est en train de se structurer pour débloquer une situation quasi-monopolistique trustée par les gros éditeurs disposant de moyens considérables (plus de 20 millions de $ pour les plus gros titres). Cette redistribution des cartes (environnement de production performant et bon marché, distribution simplifiée) va stimuler les éditeurs et faire souffler un nouveau vent de créativité. La bonne nouvelle dans cette histoire c’est que tout le monde va en profiter (Pc/Mac, iOS, Android).

Je me demande bien ce qu’attend Adobe pour racheter Unity…

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Du renouveau des bannières interactives sur les supports tactiles

Je pense ne pas me tromper en disant que les bannières publicitaires ont largement contribué au développement de l’internet, du moins au siècle dernier ! Avec la généralisation des technologies d’interfaces riches, les bannières publicitaires se sont faites de plus en plus interactives avec de la vidéo, des animations, des quantités et prix en temps réels, des mini-boutiques… Bref, les annonceurs sont allés au bout de ce que le format bannière pouvait proposer. Nous sommes maintenant en 2011 et les bannières ne font plus rêver personne (euphémisme), à moins que nous leur offrions un second souffle sur d’autres supports, en l’occurrence les touchbooks.

Avec la sortie de l’iPad, Apple avait ainsi débuté une opération de reconquête des annonceurs avec son format propriétaire iAd. Problème : ils ne s’adressent qu’aux annonceurs les plus fortunés, fermant ainsi la porte à de nombreuses marques. Pourtant le marché est demandeur comme le témoigne cette étude de l’lIAB qui nous apprend que près des 3/4 des annonceurs comptent augmenter leurs budgets dans ce domaine : Mobile Marketers Thrilled by the possibilities of Tablets, Increase Budgets Accordingly. D’ailleurs, ce même IAB a monté l’année dernière un groupe de travail spécifiquement dédié à ce sujet (IAB Launches First-Ever Tablet Task Force) qui a publié l’année dernière un livret blanc sur le Tabvertising.

Heureusement pour les annonceurs, Apple n’a pas le monopole des bannières sur sa machine, il existe ainsi des solutions de contournement comme celle de Cooliris dont j’avais parlé en début d’année (Cooliris lance les publicités 3D pour iPad) et qui vient de lancer son propre format de bannières 3D : AdJitsu.

Les grands éditeurs proposent également leur propre solution comme Condé Nast (éditeur entre autres de Wired) qui propose des publicités interactives particulièrement réussies comme celles de Lexus ou de Nikon.

Il y a bien évidement le format HTML5 qui permet de faire de très belles choses à l’image de celle crée pour la série TV White Collar  qui a remportée le prix de la Best iPad Advertising CampainHTML5 Gamified Banner Ad on the iPad.

Mais la palme revient sans doute à Ralph Lauren qui a carrément réservé l’intégralité des espaces publicitaires de l’application du NYTimes pou y intégrer un mini-magazine : Ralph Lauren Buys Solo Sponsorship of NY Times iPad App for September.

Et comme si cela ne suffisait pas, ils vont également s’en servir pour diffuser en streaming le défilé de mode de la rentrée ! Comme vous pouvez le constater, la barre est placée très très haut. Après ça, la grande question est : Est-ce que ça marche ? De ce que j’ai pu en voir : Oui !

Cela fiat maintenant près de 15 ans que je surf sur le web et plus de 8 ans que j’utilise un bloqueur de bannières, c’est dire si j’y suis hermétique ! Et pourtant, force est de constater que les bannières 3D et autres publicités interactives proposées dans les magazines me fascinent.

Les touchbooks sont-ils le nouvel eldorado des bannières ? Pas forcément, car je souhaite tout de même émettre des réserves :

  • La publicité interactive doit être parfaitement réalisée et avec du contenu aspirationnel (je doute qu’une bannière 3D pour une boîte de ravioli fonctionne) ;
  • La prise en main doit être intuitive et immédiate (impossible de faire lire des instructions) ;
  • L’effet wow ne durera que quelques mois (passé l’effet de surprise, les lecteurs vont rapidement se concentrer sur le contenu).

Bref, tout n’est pas si simple. Terminons néanmoins sur une note optimiste : Partant du principe que les touchbooks (et l’iPad en particulier) s’enrichissent chaque année, les possibilités d’interactions devraient être également renouvelées régulièrement. À vous d’en profiter !

HTML5 s’impose petit à petit comme LA référence pour les applications mobiles

Décidément, nous n’avons pas fini de débattre de l’impact de HTML5, d’une part sur le monde des RIAs (Flash, Silverlight…) et d’autre part sur le monde des smartphones (application native vs. web app). Il n’empêche qu’avec l’évolution récente du marché (Android est passé devant iOS), la légitimité des applications natives est remise en question.

Ce débat n’est pas tout neuf (cf. Vous êtes plutôt application mobile ou site web optimisé pour les smartphones ?), mais la fragmentation des systèmes d’exploitation mobiles augmente mécaniquement le coût de développement / d’évolution des applications natives, et du coup rend l’utilisation d’HTML5 bien plus attrayante. Certains ne s’y sont pas trompés comme le Financial Times et Playboy (L’avenir des magazines numériques est-il à l’HTML5 ?) et sont rejoints petit à petit par d’autres acteurs de taille : LinkedIn Overhauls Mobile Experience, Launches an HTML5 Web App et Amazon Quietly Releases A Web-Based Kindle Reader.

Dans un récent rapport, le firme eMarketer nous révélait ainsi que les mobinautes (smartonautes ?) avaient des préférences en fonction du type de tâche ou de contenu : HTML5 vs Apps, Who Will Win The Mobile Screen War?.

Répartition des applications et sites mobiles en fonction du contexte d'usage

Au coeur de ce débat : Les contraintes liées aux app stores (processus d’approbation laborieux, référencement complexe…) et leurs CGU drastiques pour imposer une commission de 30% et pour limiter les transactions cachées (notamment pour les applications de ebooks). Certes, le choix d’HTML5 est tentant, mais il ne se fait pas sans concessions : Ne pas être listé dans l’app store permet d’éviter de verser une commission, mais vous prive de nombreux téléchargements si vous parvenez à placer votre application dans une des têtes de gondole. Pour bien comprendre les plus et les moins, je vous recommande vivement ce très bon article : The fight gets technical: mobile apps vs. mobile sites. L’auteur y résume assez bien la situation et introduit même un compromis :

  • Les applications natives sont développées avec le langage de programmation le plus adapté à l’OS, elles offrent de la puissance, l’accès aux ressources du téléphone (caméra, GPS…) mais subissent le dictat des app stores.
  • Les applications web sont développées en HTLM5, elles sont donc parfaitement compatibles avec n’importe quel smartphone, mais nécessitent impérativement une connection web, ne peuvent pas exploiter pleinement la partie hardware et n’ont pas accès aux app stores.
  • Les applications hybrides qui sont développées avec du langage natif (Objective C ou Java) mais exploitent du contenu HTML et des fonctionnalités en ligne. Ce compromis permet visiblement de jouer sur les deux tableaux.
Comparaison des applications mobiles natives, hybrides et en ligne (source : Worklight)

L’hybridation semble donc être une solution intéressante, plusieurs frameworks proposent ainsi de faciliter le développement et le déploiement de vos applications (PhoneGap, Particle Code, Titanium, RhoMobile, MoSync…), mais ils imposent l’utilisation de langages de plus bas niveau. De même, de nombreux framework javascript promettent d’améliorer l’expérience de vos applications tout en vous simplifiant le développement (cf. Top 10 Mobile Web Development JavaScript Frameworks et 10 New Frameworks for Mobile Web App Developers). Je ne suis pas un spécialiste, mais les retours d’expérience que j’en ai eu sont plutôt bons. Je pense donc ne pas me tromper en disant qu’HTML5 s’impose petit à petit comme LA référence pour les applications mobiles.

OK, mais que fait-on des jeux mobiles ? Là encore, de gros progrès ont été réalisés comme en témoignent ces différents exemples : 5+ Impressive Free HTML5 Games You Can Play In Your Browser et 6 Mobile HTML5 Games You Can Play On Your Smartphone For Free. Il y a même une conférence dédiée aux jeux mobiles HTML5 : New Game Conf. Pour le moment les jeux très graphiques sont très difficilement « portable » en HTML5, mais la question que l’on doit se poser est la suivante : Quelle part de marché va représenter cette catégorie de jeux mobiles dans 5 ans face à la montée en puissance des social games ?

Voilà un petit moment que je suis de près ce débat, et même si l’on trouvera toujours des arguments irréfutables pour privilégier des applications en langage natif, les solutions reposant sur HTML5 gagnent du terrain et sont de plus en plus viables. À tel point que l’on se demande ce qu’attendent les grands éditeurs pour proposer leur solution… Adobe serait ainsi un bon candidat pour proposer un environnement de développement universel pour des applications mobiles, ils fricotent déjà de ce côté là avec Device Central ou l’intégration de PhoneGap dans Dreamwaver, mais ça ne va plus loin. Le tout récent Muse (un logiciel d’édition de site web WYSIWYG) démontre déjà les efforts que fournissent les équipes d’Adobe pour se réapproprier HTML5 et les outils de développement qui vont avec.

Dans tous les cas de figure, le développement « universel » sur les différents smartphones du marché n’est que l’arbre qui cache la forêt. Car même si la part de marché des smartphones va monter à 50% d’ici la fin de l’année 2012, il faudra toujours servir les 50% restant… et ne pas oublier les touchbooks… ni la nouvelle génération de e-readers…

Adobe lance Edge, un outil d’animation HTML5

J’en parlais la semaine dernière et c’est maintenant chose faite : Adobe vient de lancer la Preview Release de Edge, son outil d’animations et d’interactions HTML5. Annoncé l’année dernière lors du MAX, Adobe Edge est donc un environnement de production d’animations et d’interactions qui n’utilise pas Flash et repose intégralement sur HTML5, CSS3 et jQuery (donc à ne pas confondre avec Flash Catalyst). Cette application adopte la même interface que les autres produits Adobe et propose un environnement de travail très proche de Flash Pro avec ses panneaux repositionnables et sa timeline en bas :

L'interface d'Adobe Edge

Pour faire simple, Edge correspond à deux cas d’usage aujourd’hui non couverts :

  • La création de bannières et d’objets animés ;
  • L’enrichissement d’une page web existante avec des animations et des interactions.

Pour avoir assisté à une démo, je peux vous assurer que l’environnement est très intuitif et qu’il est très simple de récupérer une page et d’y ajouter des transitions / animations…

Enrichissez vos pages HTML avec Edge

La solution est assez propre, car elle ne touche pas au code HTML ni au CSS d’origine, elle se contente de rajouter des appels vers des fichiers javascript et une feuille de style externe. Différents tests ont été réalisés sur des CMS (WordPress…) et l’insertion d’animations ne provoque pas de conflit avec le système de template.

Pour vous rendre compte de ce que propose la solution, je vous invite à visionner cette vidéo :

Précision importante : le logiciel qui est proposé en téléchargement n’est pas une beta, ni même un alpha, c’est une Preview Release qui va permettre aux équipes de finaliser le produit en fonction des retours de la communauté. Donc n’hésitez pas à le tester et à faire vos remarques à l’équipe (Heidi et Josh). Pour le moment le produit est encore limité à ce que proposent nativement CSS3 ou jQuery, mais il devrait progressivement être enrichi jusqu’au lancement de la V.1 programmé pour 2012.

Avec ce produit Adobe matérialise la posture qu’il défend depuis le début : Soutenir à la fois Flash et HTML5. Je suis en tout cas particulièrement enthousiasmé par cette Preview Release (je pense que vous l’aviez compris) et suis persuadé qu’elle peut potentiellement faire comprendre au marché à quel point les interfaces web que nous avons connues ces dix dernières années vont être amenées à évoluer (cf. HTML 5 + CSS 3 = une révolution pour les interfaces web).

Toujours est-il qu’avec ce produit, Adobe complète sa gamme : Les développeurs et annonceurs vont maintenant pouvoir choisir entre les différents outils Adobe pour produire des bannières en Flash, HTML5 ou Gif (on ne rigole pas). Ça n’a l’air de rien, mais je peux vous assurer que le « marché » de la bannière est largement le plus important (cf. Forget Web Development, HTML5’s Biggest Impact is on Advertising).

Adobe toujours dans la tourmente malgré des nouveautés intéressantes

J’ai comme l’impression que depuis qu’Adobe s’est fâché avec Apple, l’opinion publique s’est retournée. Adobe (et Macromedia avant le rachat) est une société discrète qui n’a jamais trop fait de vagues, tout simplement car c’est dans cette posture de communication qu’ils se sentent à l’aise. Mais depuis ces deux dernières années, et la montée en puissance d’HMLT5, Adobe doit faire face à une vague de critiques de la part des analystes et blogueurs qui lui reprochent subitement d’exploiter une technologie propriétaire (Flash). Un retournement surprenant dans la mesure où les éditeurs de services, producteurs de contenu, e-commerçants et même utilisateurs ne se sont jamais trop souciés du côté propriétaire de Flash et ont pu apprécier au cours de la dernière décennie tout le confort que cela apporte : Nombreuses possibilités d’affichage et de manipulation, taux d’équipement optimum (près de 98%), standard de facto adopté par l’ensemble de l’industrie…

À mesure que l’on s’enlise dans le débat HTML5 vs. Flash, les critiques se font de plus en plus pressentes sur différents sujets comme l’abandon du support de AIR sur Linux (Adobe Ditches AIR for Linux) ou les problèmes de performances sur le tout nouveau Mac Os Lion qui est sorti il y a 2 jours (Adobe Caught with Pants Down, 5 Months After Lion Released to Developers). Je ne suis pas un évangéliste d’Adobe, mais je ne comprends pas bien les raisons d’un tel acharnement vis-à-vis d’une société qui doit faire des choix en période post-crise (comme beaucoup d’autres). Encore une fois, je ne me positionne pas comme avocat d’Adobe, mais j’estime qu’il faut encore faire preuve de prudence avant de définitivement enterrer Flash (cf. Flash et HTML5 ne sont pas concurrents et Pourquoi HTML5 et Flash ne peuvent être comparés). Bref, tout ça pour dire que je trouve l’opinion publique particulièrement ingrate aux vues de ce que Flash à fait le web. À ce sujet, je réitère ma position : Flash est indissociable du web, cette technologie a toujours bien cohabité avec HTML et je ne vois pas pourquoi ça ne continuerait pas ainsi pour la prochaine décennie.

Je referme cette parenthèse pour aborder l’actualité particulièrement riche et notamment la sortie des nouvelles version de Flash et AIR en beta : Adobe AIR 3 and Flash Player 11 Desktop Beta for Developers Now Available.

Concernant Flash 11 beta, les nouveautés sont les suivantes :

  • Mode natif du 64 bits pour Widows, Mac et Linux ;
  • Nouvelle API Stage3D ;
  • Améliorations des codecs audio et vidéo (respectivement G.711 et h.264) ;
  • Support des environnements sonores HD surround 7.1…

Pour AIR 3 beta, la principale nouveauté est la simplification du processus d’installation grâce au captive runtime qui est déjà utilisé sur la version iOS de AIR.

Et puisque l’on en parle, il semblerait que la tension soit durablement redescendue entre Adobe et Apple puisque les dernières versions de Flash et Flex Builder permettent de produire une application pour l’iPhone, l’iPad et de nombreuses autres plateformes mobiles : Build Mobile Apps for Android Devices, BlackBerry PlayBook, iPhone and iPad Today. Les premiers retours sont très positifs et l’environnement de production permet même de cibler un format en particulier (par exemple le mode paysage de l’iPad et son écran 9,7 pouces). Pour un aperçu du potentiel de cet environnement, je vous invite à visiter le Adobe Mobile Showcase.

Après moult efforts, il semblerait donc qu’Adobe ai réussi son paris : Faire cohabiter Flash, HTML5 et iOS. D’autant plus avec la sortie prochaine d’Adobe Edge, l’outil d’animation reposant sur HTML5, CSS3 et javascript.

L'outils d'animation HTML5 Adobe Edge

Nous ne connaissons pas encore la date exacte de sortie ni ce que cet environnement va être capable d’offrir précisément, mais ce qui est certain, c’est qu’ils n’ont pas intérêt à se rater, car Google est en embuscade avec Swiffy, son outil de conversionGoogle launches ‘Swiffy’ tool to convert Flash animations into HTML5. Cet outil est sorti très récemment donc il n’y a pas encore de retours d’expérience poussés, mais la galerie d’exemples est particulièrement convaincante.

Il aura donc fallu à Adobe beaucoup d’énergie pour défendre sa position et supporter à la fois Flash et HTML5. Une posture ambitieuse que Microsoft n’a pas adopté : La révolution HTML 5 chez Microsoft va laisser des traces et Why Microsoft has made developers horrified about coding for Windows 8. Cette posture de la firme de Redmond illustre la réalité du marché : Les technologies propriétaires (Flash, Silverlight, Quicktime…) ne sont pas forcément meilleures qu’HTML, elles permettent simplement d’offrir des expériences différentiantes dans des cas de figure bien particuliers qui s’apprécient au cas par cas. Je reste donc persuadé qu’HTML5 ne va pas tuer Flash ou d’autres technologies propriétaires, au contraire, cette nouvelle itération des standards web va permettre aux éditeurs de se concentrer sur ce que leurs technologies offrent de mieux.

Avec ePub3, les ebooks enrichis sont une réalité

Après les magazines, c’est maintenant au tour des livres électroniques de bénéficier d’un enrichissement. Cette innovation est rendue possible grâce à la publication des spécifications de ePub 3, le format standard de publication de livres électroniques : ePub 3, de nouvelles possibilités pour l’ebook enrichiJusqu’à présent, seules les applications sur touchbooks proposaient une expérience de lecture enrichie, et l’unique moyen de mélanger du texte, de la vidéo et des animations étaient de les encapsuler dans des applications (ex : Our Choices, les ouvrages publiés par les éditions Moving Tales ou Byook, ou encore les livres pour enfants : Chouette un nouveau ebook enrichi sur iPad).

Mais les choses ont changé avec la 3ème version du format ePub (reposant sur HTML5, CSS3 et javascript) qui permet de faire tout un tas de choses :

  • Mise en page améliorée (multi-colonnage, mise en forme des titres…) ;
  • Possibilité d’utiliser n’importe qu’elle police de caractère ;
  • Prise en charge des éléments multimédia( audio et vidéo), des images au format SVG ;
  • Possibilité de redimensionner les images et d’y ajouter des zones réactives ;
  • Synchronisation des textes et de l’audio (pour la synthèse vocale) ;
  • Prise en charge de nombreuses langues et de leurs spécificités (écriture verticale, caractères spéciaux…) ;
  • Prise en charge des scripts pour ajouter de l’interactivité…

Le premier éditeur à avoir communiqué sur ePub3 est la maison Walrus qui a publié le mois dernier une démo des plus impressionnante : De l’ePub3 au coeur d’iBooks.

Pour lever toute ambiguïté, iBooks est l’application d’Apple qui permet de lire des livres électroniques, ce n’est pas un format  (même si l’on essaye de vous faire croire le contraire : iBooks 1.3, un pas de plus vers l’ebook enrichi). Ironie du sort, ce ne sont pas les éditions Walrus qui ont sorti le premier ouvrage exploitant ePub3, mais les éditions Albin Michel avec un ouvrage sur le Général DeGaulle (qui n’est disponible que dans l’iBookStore : ePub 3, de nouvelles possibilités pour l’ebook enrichi).

Même si tout ceci est très intéressant et ouvre de nombreuses possibilités, il convient néanmoins de ne pas se laisser tenter par le challenge technique et dénaturer ainsi l’expérience de lecture. À ce sujet, les éditions Walrus ont publié un article très intéressant sur les 11 idées / conseils pour les ebooks enrichis :

  1. Penser l’enrichissement comme un complément utile
  2. L’enrichissement ne doit pas noyer le texte
  3. Ne pas ajouter tout ce qu’il est possible de caser au niveau technique
  4. Ne pas s’improviser réalisateur ou concepteur de jeu
  5. Rester ouvert à l’expérimentation
  6. Penser le livre comme un univers
  7. Privilégier la facilité d’usage
  8. Ne pas attendre la fin de la rédaction du texte pour l’enrichir
  9. Envisager la narration comme un jeu
  10. Anticiper la compatibilité de l’ouvrage avec les différents supports (autre que l’iPad)
  11. Ne pas sous-estimer la complexité de réalisation

Des conseils fort à propos pour ne pas transformer un livre en un produit hybride qui n’est ni agréable à lire, ni à jouer, ni à regarder, un livre électronique enrichi doit rester un livre. Ceci étant dit, ces règles ne s’appliquent pas forcément à tous les libres, la preuve avec les éditions Eyrolles qui proposent des livres techniques en version électronique enrichis : Eyrolles présente son premier e-book enrichi en vidéos. Dans ce cas de figure bien précis, l’apport de près de 45 minutes de vidéo est incontestablement un avantage (idéalement quelques heures de vidéo auraient été encore mieux !).

Même si je ne peux que me réjouir à l’idée de voir se généraliser les expériences de lecture enrichies, je rejoins tout à fait la réflexion entamée sur SoBookOnline : Le livre enrichi, définitions, précisions, mise sau point (pas encore très au point). Mais je reste néanmoins extrêmement enthousiaste à l’idée de voir se concrétiser les hypothèses que j’avais formulées l’année dernière (À quand des ebooks enrichis ?) et je salive à l’idée de ce que J.K. Rowling va nous proposer avec Pottermore : Quand Harry fait le saut du numérique.

Pottermore, l'univers de Harry Potter au format numérique

Vivement la quatrième version de ePub !

Oracle lance JavaFX 2.0

Trois ans après la sortie d’une première version, Oracle lance en beta la seconde version de sa technologie d’interface riche : Oracle publie la bêta de JavaFX 2.0. Pour mémoire, l’ambition d’Oracle avec JavaFX était d’en faire la technologie de création d’interfaces graphiques pour des applications Java, aussi bien sur le web que sur les terminaux mobiles (Sun lance enfin JavaFX pour concurrencer Microsoft et Adobe sur le marché des interfaces riches). Trois ans après, force est de constater qu’Oracle a fait un faux départ notoire avec cette technologie : l’adoption de JavaFX est quasi-inexistante (cf. Etat de l’art des interfaces riches).

Avec cette seconde version, Oracle a révisé sa copie et propose un environnement complet calibré pour des applications d’entreprise exploitant de larges quantités de données (What is JavaFX?). Cette nouvelle version apporte plusieurs nouveautés :

  • Des APIs Java (pour faire plaisir aux développeurs Java qui n’ont plus besoin d’apprendre le JavaFX Script) ;
  • La possibilité d’intégrer du contenu HTML ;
  • Un nouveau moteur graphique exploitant l’accélération matérielle (donc exploiter la carte graphique) ;
  • Un nouveau moteur multimédia (vidéo plein écran, transitions…) ;
  • Une série de composants graphiques prêts à l’usage (contrôles, menus, panneaux, graphiques…).
Exemples de composants graphiques proposés par JavaFX 2.0

Cette version 2.0 n’en est qu’à sa phase beta mais la roadmap prévoit un certain nombre d’enrichissements : mise en page via des grilles CSS, animations, contrôle du navigateur (saisie d’URL, bouton « Retour »…), fenêtres de dialogue standardisées…

Je serais bien incapable de vous livrer un avis sur cette seconde version, aussi je vous propose de lire les premières réactions de la communauté Java : JavaFX 2.0 Beta, First impressions et Time to Reevaluate JavaFX?. En substance : les développeurs Java montrent un intérêt toujours fort pour une technologie d’interface graphique intégrée qui faciliterait le déploiement des applications. Oracle a donc de bonnes chances de mobiliser sa communauté pour les faire adhérer à sa vision.

Dans la mesure où nous parlons de RIA d’entreprise, investir du temps et de l’énergie dans JavaFX n’est pas forcément une mauvaise idée. Il est vrai que ces derniers mois Adobe se fait méchamment chahuter avec le débat Flash vs. HTML5 (même si je reste persuadé que c’est un faux débat : Flash et HTML5 ne sont pas concurrents).

Le fait que JavaFX 2.0 autorise l’intégration de contenu HTML et intègre de façon fine les propriétés CSS3 (Grid Layout, transitions, animations…) nous prouve qu’HTML5 ne tuera pas les technologies RIA, bien au contraire ! Les interfaces web de demain seront ainsi composées d’un mélange d’HTML5 et de composants riches (Flash, Silverlight, JavaFX…) en fonction de ce qu’ils savent faire de mieux, ou du contexte de l’entreprise (les contraintes techniques de son S.I.). JavaFX suit donc le mouvement initié par Microsoft qui ne souhaite plus opposer Silverlight à HTML mais le compléter : La révolution HTML 5 chez Microsoft va laisser des traces et Why Microsoft has made developers horrified about coding for Windows 8.

L’avenir des magazines numériques est-il à l’HTML5 ?

En début de semaine Apple a dévoilé la nouvelle version du système d’exploitation de l’iPad (iOS en version 5). Au programme des nouveautés : tout un tas d’innovations, dont Newsstand, le kiosque numérique d’Apple pour les magazines (NewsStand built into iOS 5). Pour Apple, le but de la manoeuvre est officiellement pour les utilisateurs de simplifier l’achat et la gestion de magazines numériques. Officieusement j’imagine que c’est la solution retenue pour verrouiller la chaine de distribution et reproduire ce qui existe déjà pour les livres et la musique.

Le kiosque numérique de l'iPad

Il faut dire que les débuts des magazines en ligne sur le touchbook d’Apple ont été plutôt chaotiques : de très belles innovations chez certains éditeurs (Condé Nast avec Wired, Virgin avec Project, News Corp. et The Daily…), beaucoup de déception chez les autres. Je ne saurais vous dire si le problème vient de la faible demande ou du manque d’innovation chez les éditeurs, en tout cas le retour d’expérience est mitigé : La presse et l’iPad, étude de cas avec iMad.

À partir de ce constat, certains restent fidèles à Apple et son modèle fermé (Conde Nast Taking A Breather On Tablet Editions Of Its Magazines et A Sneak Peek at Version 2.0 of Sports Illustrated’s iPad App), tandis que d’autres choisissent plutôt de sortir de ce modèle avec le choix de publier en HTML5. C’est ainsi le cas de Playboy qui a choisi de publier l’intégralité de sa collection sur un site web adapté aux touchbook avec un principe d’abonnement : Playboy sur iPad, un site pour contourner l’application.

Les archives de Playboy sur un site web payant adapté aux touchbooks

Contourner Apple pour traiter directement avec les clients ? Une solution très intéressante, car elle permet à Playboy de :

  • Ne pas verser de commission à un intermédiaire ;
  • Fixer et modifier librement les tarifs ;
  • Garder un contact direct avec les lecteurs (pour de possibles opérations de cross-marketing) ;
  • Toucher l’ensemble des possesseurs de touchbook (pas seulement les utilisateurs d’iPad) et même les internautes lambda.

Il semblerait donc que Playboy y gagne sur tous les aspects. Facile dans la mesure où ils ont une marque à très forte notoriété. En tout cas une infidélité qu’Apple ne peut que subir (ils ont déjà banni Flash de l’iPad, il ne peuvent pas se permettre de bannir HTML). Ce choix de Playboy pourrait bien en inspirer d’autres, car Apple n’a pas la réputation de soigner les petits producteurs : Will Publishers Choose the Open Web Over Apple’s Walled Garden?. Il existe ainsi plusieurs solutions de publication de magazine en HTML5 comme OnSwip ou Laker (cf. Un framework HTML5 pour créer des magazines iPad et iPhone). D’autres choisissent de développer leur propre solution comme Aside :

Non, il n’est pas possible de lire ce magazine en mode déconnecté, mais au moins vous ne mettez pas 15 minutes à le télécharger. C’est donc une très bonne solution pour les lecteurs occasionnels qui génèrent des visites, donc des revenus via les bannières. En théorie HTML5 permet de faire du stockage en local, donc rien n’empêche l’éditeur de proposer une version HTML5 téléchargeable pour la lire en mode hors-connexion (à vérifier).

Plus récemment nous avons aussi le Financial Times qui a lancé sa version HTML5 : FT Bypasses Apple’s iTunes, Launches HTML5 Web App.

Le site HTML5 dédié aux touchbooks du Financial Times

Au final, HTML5 est-elle la solution ultime ? Non car une application propose une expérience de lecture plus riche, notamment avec l’incrustation transparente de vidéos, sons et animations. Certes, il est possible de la faire en HTML5 mais cette intégration ne se fera pas sans coutures. Il semblerait donc que la solution HTML5 soit surtout intéressante pour les éditeurs contenus avec essentiellement du texte et des images.

Cette catégorie d’éditeurs est d’ailleurs en train d’expérimenter des sites web adaptés à la lecture à l’écran comme le Huffington Post avec NewsGlide ou le New-York Times.

Le site du NY Times dans une version adaptée à la lecture à l'écran

Encore plus inquiétant pour Apple, on trouve même sur le Chrome Web Store des magazines en ligne comme Sport Illustrated dont je parlais en début d’article : Sports Illustrated Snapshot. Et pour couronner le tout, Google a récemment lancé une version mobile de Fast Flip, son service de consultation des Unes de journaux.

En synthèse, je ne ferais que me répéter : HTML5 permet de se libérer de la contrainte des applications, mais présente tout de même quelques limitations (Vous êtes plutôt application mobile ou site web optimisé pour les smartphones ?). Dans l’absolu, rien n’empêche un éditeur d’exploiter ces deux technologies : une version HTML5 « simple » pour toucher tous les possesseurs de terminaux alternatifs (smartphones,  touchbooks…), et une version plus riche sous forme d’application (ou avec un stockage local).

Dans tous les cas de figure, le marché est en train de se structurer et le rapport de force avec Apple n’est plus le même. Plutôt une bonne nouvelle pour les petits éditeurs (et même les gros).

Une bibliothèque de composants d’interfaces riches

Voilà maintenant près de 3 ans que je rédige ce blog dédié aux interfaces riches, et encore quelques années de plus que je parle de ce sujet sur mon blog FredCavazza.net. Depuis toutes ces années, je n’ai jamais eu l’occasion de vous parler de bibliothèques de composants d’interface. Pour faire simple, une interface est composée de différents éléments qui la composent (cadres, items de navigation, moteur de recherche, carrousel…). Ces composants sont en quelque sorte l’alphabet du langage des interfaces, et quand on y réfléchit bien, il n’existe qu’un nombre limité de composants à partir desquels est composée la très grande majorité des interfaces. Il existe déjà des bibliothèques de composants d’interfaces web traditionnels (cf. Et on reparle des bibliothèques de modèles de conception), mais je souhaiterais aborder aujourd’hui les bibliothèques de composants d’interfaces riches.

Ça tombe bien, car il existe une spécialiste : Theresa Neil. Cette conceptrice d’interfaces est, entre autres, l’auteure du livre Designing Web Interfaces. Elle livre régulièrement des synthèses de son travail de classification, notamment dans ce premier article publié en 2009 : 30 Essential Controls. Dans cet article, sont listés les 30 composants de base pour créer des interfaces riches de même que les technologies qui permettent de les réaliser : Champ de saisie avec auto-complétion, carrousel, graphiques, accordéon, boite de sélection multiple, sélectionneur de date, fenêtre nodale, menu flottant, module glissé-déposé, tableau à filtrage dynamique, indicateur de statut, loupe, jauge, aide contextuelle, raccourci clavier, info-bulle géante, module d’édition en ligne, barre de progrès, notation, glissière, tableau dynamique, éditeur WYSIWYG…

Les différents éléments d'une interface riche

Cette première liste a ensuite été complétée l’année suivante : 43 Essential Controls for Web Applications. De nouveaux composants sont ainsi apparus : Module de création de diagramme, pied de page flottant, gestionnaire de liste, module de cartographie… Cette nouvelle liste n’est pas forcément bien ordonnée (tout y est en vrac), mais je ne peux que saluer l’impressionnant travail de classification.

Cette première liste a ensuite été suivie par une seconde liste centrée sur les différents types de mises en page : RIA Screens Layout. 15 types de mises en page sont ainsi répertoriés : Maitre/Détails, Palette, par colonnes, tableau de bord, questions/réponses, feuille de calcule, panneaux verticaux, assistant, modèle interactif, onglets, formulaire, résultats de recherche, portail, moteur de filtre et parcours libre.

Comme pour la première liste, ce travail de classification a été complété cette année avec la publication d’une nouvelle édition de sont livre : Our Patterns in Print.

Les 15 types de mise en page pour une interface riche

Cette liste représente à mon sens une très bonne base de réflexion sur la façon d’appréhender la conception d’une interface riche et surtout sur une ébauche de charte ergonomique (en capitalisant sur les composants et les gabarits de mise en page).

Si ce sujet vous intéresse, je vous signale au passage l’existence d’un autre livre (Designing Interfaces) qui propose également une classification (Patterns).

Je vous invite à compléter cette liste avec d’autres sources, pourquoi pas en français…

Flash et HTML5 ne sont pas concurrents

Ce midi j’étais invité sur le plateau d’Adobe Live (dans le cadre de la Creative Week) à m’exprimer sur Flash vs. HTML5. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le sujet est encore d’actualité (lire à ce sujet mon article publié en début d’année dernière : Pourquoi HTML5 et Flash ne peuvent être comparés), ou plutôt que la confusion règne encore entre ce qu’HTML5 est censé apporter et ce que Flash permet de faire en complément. il faut dire que la dispute entre Adobe et Apple l’année dernière n’a rien fait pour éclaircir ce débat plutôt technique.

Je profite donc de l’occasion pour apporter quelques éléments de réponse :

  • Flash est un complément d’HTML, les sites « Full Flash » sont en fait des modules Flash encapsulés dans des pages HTML ;
  • Une très grosse partie des bannières publicitaires utilisent Flash, pas de Flash = pas de revenus publicitaires = pas de contenus gratuits ;
  • Depuis près de 12 ans qu’il existe, Flash est devenu un standard de facto ;
  • Les spécifications d’HTML n’ont pas évolué en 10 ans, les intégrateurs ont donc compensé ce déficit d’innovation par une utilisation accrue de Flash ;
  • Même si l’on peut diffuser de la vidéo via des lecteurs HTML5, les lecteurs vidéos en Flash ou Silverlight sont beaucoup plus performants (adaptive streaming, incrustation de zones interactives, manipulations…) ;
  • Flash est présent sur 99% des ordinateurs, soir un taux de pénétration supérieur à celui de javascript.

C’est très certainement ce dernier point qui peut mettre tout le monde d’accord : le marché n’est pas encore prêt pour un déploiement massif d’HTML5 car les navigateurs d’ancienne génération sont encore majoritaires (Internet Explorer représente encore 48% de parts de marché). La société Periscopic a ainsi publié récemment une très belle infographie sur le sujet : Our Research into Flash and HTML5: Which One is Right For Your Project?. Les statistiques parlent d’elles-mêmes :

Taux de pénétration des différentes technologies

Ces chiffres sont confirmés par d’autres sources comme Stat Counter :

Parts de marché des navigateurs

Ceci étant dit, ce n’est pas parce qu’un navigateur ne supporte pas HTML5 qu’il ne peut pas afficher  une page en HTML5. Il existe ainsi des librairies javascript pour adapter le code à la volée et proposer un rendu acceptable. « Acceptable » veut dire que vote page HTML5 va s’afficher avec quelques petits défauts de mise en page et sans les possibilités de CSS3 (typo spécifiques, coins arrondis, transparence, transitions…). Afficher une page HTML5 dans un navigateur n’est donc pas un problème technique, par contre, cela peut provoquer des désagréments que les internautes peuvent mal interpréter. J’ai ainsi récemment fait les choix de refondre tous mes blogs en HTML5 / CSS3 et j’ai reçu de nombreux messages de lecteurs me disant « Votre site ne s’affiche pas bien« . Si, mes sites s’affichent très bien dans des navigateurs modernes, à eux de faire la mise à jour !

HTML5 et CSS3 offrent ainsi de nombreuses possibilités pour remplacer Flash par du code standard (HTML 5 + CSS 3 = une révolution pour les interfaces web), mais il faudra avant cela régler le problème de fragmentation des navigateurs : Les navigateurs modernes n’utilisent pas le même moteur graphique et génèrent des différences en terme de rendu. L’étude de Periscopic également ce problème de compatibilité :

Les différences de rendu entre les versions des navigateurs

Donc au final :  Adopter HTML5 revient donc à faire un pari sur l’avenir car le rendu des différents navigateurs n’est pas encore stabilisé et car il y a encore de nombreux conflits de standardisation (WebGL, H.264…). Mais de toute façon, personne ne vous force à choisir entre HTML4, HTML5 et Flash. Vous pouvez ainsi réaliser un site en HTML5 intégrant la contrainte de dégradation élégante et proposant des modules enrichis en Flash s’ils sont pertinents.

N’allez pas penser que je suis partisan d’un camp ou l’autre : Je crois aussi bien en l’avenir et l’utilité de Flash qu’au potentiel d’HTML5 (qui j’utilise inconditionnellement pour mes blogs). Je suis surtout intimement persuadé que Flash et HTML5 ne sont pas concurrents et qu’ils vont continuer à se compléter. Vous pourrez donc profiter d’Angry Birds en HTML5 et Civilization World en Flash.

MàJ (06/06/2011) : La vidéo de la table ronde est ici :