Double vidéo et interactivité sur YouTube avec Nokia et Dexter

En ce moment il se passe pas mal de choses intéressantes sur YouTube. Je ne fais pas référence aux vidéos en elles-mêmes, mais plutôt aux différentes expérimentations lancées par les marques. Il y a ainsi eu des campagnes très originales par Nintendo (Wario Land: Shake It), Tipp-Ex (A hunter shoots a bear) ou encore Google avec Chrome Fastball.

Je vous propose maintenant de découvrir la dernière campagne de Nokia France qui propose une vidéo double (ou vidéo augmentée) : My House Party. L’idée est de proposer le visionnage d’une même soirée au travers de la caméra d’un smartphone générique (en l’occurrence un iPhone) et du tout dernier smartphone de Nokia. Les angles de caméra sont les mêmes, mais le visionnage avec le smartphone de la marque fait apparaitre de nouvelles choses (un peu comme cette fameuse publicité pour une vodka dans les années 90).

Vous pouvez basculer d’un smartphone à l’autre avec la petite manette (ici la version normale avec le smartphone générique) :

Vidéo interactive pour Nokia sur YouTube

Et ici la version « augmentée » :

Vidéo interactive pour Nokia sur YouTube

Autre exemple avec la version normale :

Vidéo interactive pour Nokia sur YouTube

Et la même scène avec la version augmentée :

Vidéo interactive pour Nokia sur YouTube

Une idée originale, ludique et bien réalisée.

Dans un autre style, voilà trois ans que la fonction d’annotation a été lancée et que les marques l’exploitent plus ou moins bien (Annotation sur YouTube : opportunités marketing ou spam ?). Nous commençons tout de même à voir des choses assez fun (Top 10 Choose Your Own Adventure Style Interactive YouTube Videos) ainsi que de véritables expériences de marque comme HBO le propose avec cette opération de promotion pour la série Dexter : Dexter Interactive Investigation.

Menez l'enquête avec Dexter sur YouTube

L’idée n’est pas neuve, car Samsung l’avait déjà fait avec la campagne Follow Your INSTINCT, mais je trouve néanmoins intéressant de voir des réalisations toujours plus ambitieuses dans ce domaine. En tout cas nous sommes en plein dans la mouvance « brand content » qui permet aux marques de toucher les cibles différemment, et ça tombe bien, car il est maintenant possible de zapper les publicités en pre-roll : YouTube Launches Skippable and User-Selected Video Ads.

Google expérimente les ebooks en HTML5

Après ChromeExperiments et The Wilderness Downtown, Google continue d’évangéliser le marché sur les capacités d’HTML5 avec un nouveau projet : 20 Things I Learned About Browsers and The Web. Il s’agit en fait d’un livre numérique (sur le même modèle que ce qui existe en Flash comme le FluidBook) qui vulgarise le web au travers d’explications courtes et d’illustrations enfantines :

Le livre numérique de Google en HTML5

Outre la qualité de la réalisation (mise en page, traitements graphiques), ce sont les animations et interactions qui sont les véritables vedettes de ce livre :

  • Le bord de la page se corne au survol de la souris ;
  • Les pages se tournent comme sur un vrai livre ;
  • Certaines illustrations sont animées ;
  • Il est possible de sauter directement à une page en cliquant sur la frise sous le livre.

Rien de très révolutionnaire, si ce n’est que tout est réalisé en HTML5, CSS3 et javascript. En quoi est important ? D’une part ce livre électronique ne repose sur aucune technologie propriétaire, mais chaque page possède sa propre URL et son contenu est parfaitement référencable (comme une page HTML en fait !).

L'index du livre

Cerise sur le gâteau, il existe même un mode de lecture à fort contraste pour lire au lit :

La version nuit

Au niveau du code source, vous pouvez aller vérifier vous même, mais c’est bien une page web traditionnelle :

Le code source

Vous pourriez me dire que cette première expérimentation signe l’arrêt de mort du format propriétaire iBooks d’Apple, mais les choses ne sont pas si simples, car ce livre électronique est illisible sur un iPad (malgré le fait que Safari utilise le même moteur de rendu que Chrome) :

Le livre électronique en HTML5 illisible sur l'iPad

Au-delà de cette (surprenante) incompatibilité, d’autres raisons font que cette expérimentation n’est pas réellement viable :

  • Il existe déjà un format ouvert pour les livres électroniques (ePub) qui fonctionne très bien et de plus sait gérer les DRM (et qui de plus est soutenu par Google : Google Now Offers Over a Million Free Ebooks in EPUB Format) ;
  • Les nombreux autres formats proposés par les constructeurs de e-readers (Comparison of e-book formats) ne vont certainement pas disparaitre, car il existe un important fonds documentaire à rentabiliser ;
  • Les e-readers ne sont pas assez puissants pour faire tourner un navigateur moderne comme Chrome.

Bref, cette expérimentation ressemble plus à une opération d’intimidation (voir de propagande) qu’à une réelle volonté de bouleverser le secteur des livres électroniques. Elle s’inscrit donc dans la stratégie à long terme de Google (cf. Google à l’assaut d’iTunes et d’iOS avec Chrome et HTML5 ?).

Bon ceci étant dit, je commence à voir de plus en plus d’initiative de remplacement de Flash par HTML5. Le lancement de Aviary HTML5 photo editor en est un bel exemple. Encore une fois, n’y voyez pas un signe de la mort prochaine de Flash (Pourquoi HTML5 et Flash ne peuvent être comparés) mais plutôt le retour sur le devant de la scène des technologies standards (CSS3 et javascript seront-elles les technologies RIA du future ?).

(via Techcrunch)

jQuery s’impose dans le monde javascript et s’exporte sur mobile

Connaissez-vous jQuery ? Mais si enfin, la fameuse bibliothèque javascript open source. Pour vous la faire courte : javascript est un langage très tolérant, mais pas très rigoureux. Il existe donc une multitude de façons de faire la même chose (plus ou moins efficaces). Avec jQuery, vous n’avez pas à réinventer la roue et bénéficiez d’un ensemble de fonctions (parcours et modification du DOM, gestion des événements, nombreux effets graphiques et animations, manipulation de CSS…) livrées dans un fichier de 179 Ko (26 Ko dans sa version compressée). Il existe quantité de ressources et tutoriels sur jQuery donc je ne m’attarde pas dessus (plus d’infos sur la page Wikipedia ou sur cette comparaison des bibliothèques javascript).

Pourquoi parler de jQuery ? En fait pour plusieurs raisons :

  1. jQuery est petit à petit en train de s’imposer comme LA bibliothèque de référence auprès de la communauté, mais également auprès des grands éditeurs (Microsoft Adopts Open-Source jQuery JavaScript Library et Adobe Heart’s jQuery) ;
  2. Une nouvelle version vient de sortir (jQuery 1.4.3 released) et apporte visiblement des gains importants de performance et de stabilité (je ne suis pas un expert, mais c’est ce que j’ai lu à droite et à gauche) ;
  3. Une version mobile vient d’être proposée en version alpha (First release of jQuery Mobile) et elle repose sur le même noyau.

En quoi jQuery Mobile est-il une révolution ? C’est une révolution, car cette bibliothèque permet de faire des interfaces riches sur terminaux mobiles, TOUS les terminaux mobiles (iOS, Android, WebOS, BlackBerry OS, Windows Mobile, Symbian, MeeGo, Bada…) le tout pour seulement 9 Ko.

Cette bibliothèque permet notamment de réaliser des interfaces mobiles qui ressemblent à une application, mais sont tout à fait standard car réalisées en HTML, CSS… et javascript. Je vous invite donc à tester ça en saisissant l’UL suivante sur votre smartphone : http://jquerymobile.com/demos/1.0a1/.

Des interfaces riches sur votre smartphone avec jQuery Mobile

Cette première version de jQuery Mobile est particulièrement riche car elle gère les contraintes d’enrichissement progressif, de dégradation élégante, d’accessibilité, de performance, de simplicité de mise en oeuvre et supporte même les interactions tactiles et les thèmes graphiques. C’est donc une très bonne nouvelle pour l’uniformisation des interfaces riches mobiles (Rich Mobile Application).

Exemple d'éléments d'interface avec jQuery Mobile

Une fois cette première version finalisée, les smartphones seront définitivement en avance sur les ordinateurs traditionnels en ce qui concerne l’exploitation d’HTML5 et de javascript (Ce que jQuery Mobile nous apprend sur le Web Mobile).

Non seulement ceci va rééquilibrer le rapport de force entre sites web mobiles et applications mobiles (limitant ainsi la dépendance à l’opérateur de la marketplace) mais va surtout permettre d’accélérer le déploiement du rich commerce mobile.

Si vous avez des ressources supplémentaires de qualité, je suis preneur…

Récapitulatif des annonces pour Adobe MAX 2010

En ce moment se déroule à Los Angeles l’édition 2010 d’Adobe MAX. Je n’ai pas pu me rendre à cette manifestation d’envergure, mais de nombreuses annonces commencent déjà à sortir dans les blogs. Je vous propose donc de faire un récapitulatif de ce qui a été annoncé pour le moment.

AIR 2.5 et Flash Player Molehill

Comme à chaque édition de MAX, les équipes d’Adobe présentent les dernières (ou prochaines) versions des players. AIR 2.5 est ainsi immédiatement disponible (What’s new in Adobe AIR 2.5) aussi bien sur desktop que sur TV, Android et même le PlayBook de RIM (Flash Platform Development for BlackBerry Tablet OS), en démo live ici :

L’autre grosse nouveauté était la présentation de la prochaine version du Flash Player ainsi que le project Molehill, un jeu d’API qui supporte entièrement de l’accélération matérielle sous OpenGL et DirectX. Traduction : de la 3D dans Flash qui est calculée à 100% par votre carte graphique (et non votre processeur) et qui le fait « proprement ». Ici une démonstration de ce qu’il sera possible de faire dans Flash (et AIR) :

Cerise sur le gâteau, ce jeu d’API fonctionnera également pour les framework 3D existants (Alternativa3D, Away3d, Flare3D…). Autant dire que le marché des Rich Internet Games va exploser dès que tout ceci sera en place (exemple avec le Green Hornet Game). Illustration avec cette démonstration technique réalisée avec Alternative3D :

Dernière annonce : le support des manettes pour les jeux en Flash, comme par exemple celles de la Xbox qui sont équipées d’une prise USB.

Project Rome et EDGE

Autant vous vous doutiez certainement de ce qui allait être annoncé pour Flash et AIR (ainsi que les nouveautés sur Flash Builder, Flex Builder et CS5), autant je suis sûr que vous n’attendiez pas les deux nouveautés suivantes.

Tout d’abord le Project Rome, une application de création et de publication de contenus multimédias. Non seulement cette application est disponible dans votre navigateur, mais elle est également proposée en mode desktop (avec AIR). Assez proche d’Aviary, cette application vous permet de créer tout un tas de contenus différents (présentation, carte de visite, flyer, site web…) à partir de nombreuses sources (texte, image, audio, vidéo…) et dans de nombreux formats (PDF, PNG, JPG, SWF…).

Rome, le nouvel outil de création tout-en-un d'Adobe

Cet outil se révèle à la fois puissant et extrêmement simple d’utilisation. Il intègre également une marketplace de templates et sera à terme proposé sous forme d’abonnement, mais nous manquons de détails pour le moment. Ici une vidéo de présentation :

Autre nouveauté EDGE, un outil de création d’animations reposant sur HTML5 et JQuery (Preview of the Edge Prototype tool for HTML5). Pour faire court, cet outil permet de faire des animations Flash… sans Flash.

Edge, l'outil de création d'animations Flash sans Flash

L’environnement de production ressemble donc beaucoup à Flash (avec la timeline) mais repose entièrement sur des technologies standards. Une annonce tout à fait surprenante dont voici quelques détails : Adobe Puts Focus on HTML5 for Digital Publishing: Collaborates with JQuery and Webkit.

À y réfléchir de plus près, cet outil n’est pas si surprenant que ça. Il va venir compléter la gamme d’outils de création de contenus à destination de nouveaux types de terminaux. Oui c’est bien à l’iPad que je fais référence : avec Edge, les développeurs vont pouvoir créer des sites et du contenu « riche » qui ne repose pas sur Flash. Est-ce un aveu de faiblesse de la part d’Adobe face à Apple ? Je ne sais pas, en tout cas c’est une preuve qu’Adobe investit lourdement pour maintenir sa main mise sur les producteurs de contenu comme l’éditeur Condé Nast pour lequel ils vont développer un outil permettant de produire à la chaine des applications comme celle du Wired Magazine : New Adobe Suite Helps Publishers Create “Wired”-Style Digital Magazines.

La suite demain…

Flash au musée avec Monet et Adobe

Cette semaine nous allons nous intéresser à la culture ou plus exactement à l’expression artistique avec deux très beaux sites expérimentaux. Le premier est consacré à l’oeuvre de Claude Monet à l’occasion de l’exposition de ses toiles au Grand Palais : Monet2010.com. Le site propose une expérience très immersive et surtout la possibilité de découvrir les oeuvres au travers de deux parcours.

Le premier (la Galerie) est assez classique avec une rétrospective chronologique des toiles et la possibilité de zoomer pour voir les détails du coup de pinceau du maître :

Zoom sur une toile de la galerie

Le second parcours est plus intéressant, car il vous propose un voyage scénarisé où chaque oeuvre majeure est revisitée avec une animation 3D à l’intérieur même des scènes où certains éléments sont animés ou interactifs. Dans le tableau suivant il faut faire du bruit dans son micro (tapez dans vos mains) pour faire s’envoler la pie :

Tapez dans vos mains pour faire envoler la pie

Dans cet autre tableau, vous pouvez créer des remous dans l’eau au survol de votre souris :

Créez des remous dans l'eau avec votre souris

Le tout est très bine présenté et animés, les transitions sont très belles, les temps de chargement pas trop longs. Bref, une vraie réussite qui sait parfaitement exploiter les oeuvres avec cette double expérience (classique et interactive).

Autre ambiance avec le tout nouveau Adobe Museum of Digital Media, un projet conjoint d’Adobe, des agences Goodby, Silverstien & Partners et Unit9 ainsi que de l’architecte Filippo Innocenti.

Accueil du Adobe Museum of Digital Media

Ce musée digital se veut être un lieu de rencontre entre des artistes digitaux souhaitant « repousser les limites du possible » et un public en quête d’expériences interactives inédites. Le moins que l’on puisse dire est que l’ambition de ce projet force le respect et attise la curiosité.

La première exposition (intitulée « Valley« ) est l’oeuvre de l’artiste américain Tony Ourser assisté de Tom Eccles. Cette exposition met en scène les rapports humains / machines au travers d’animations, de vidéos, de dessins et de bruitages. Cette mise en scène est décomposée en différentes scènes accessibles depuis cet écran énigmatique :

Accueil de l'exposition "Valley" de Tony Oursler

Les scènes en question sont très… expérimentales et se découvrent au hasard des clics et des survols de la souris. Les commentaires de l’artiste sont disponibles pour vous assister dans cette découverte :

Une scène de l'expo "Valley"

Vous pouvez ne pas aimer le style de l’artiste ou son message, mais personne ne peut rester indifférent face à ce projet complètement fou ! Je suis en tout cas admiratif devant l’ambition de ce musée numérique et surtout de l’engagement d’Adobe dans cette direction (nous sommes loin du Showcase).

Ce n’est pas la première expérimentation artistique autour de Flash (Joshua Davis est un bel exemple d’artiste numérique) mais c’est sans doute la plus aboutie.

Les commentaires sont fermés

Unity3D bientôt la référence des Rich Internet Games ?

La semaine dernière Unity a sorti la version 3 de sa plateforme : Unity 3, what’s new? Par « plateforme », comprenez l’environnement de production (l’éditeur), de déploiement (les moteurs graphiques disponibles sur de nombreuses plateformes desktop et mobiles) ainsi que le web player. Longtemps attendue, cette nouvelle itération représente un saut qualitatif très important pour une solution bien plus abordable que d’autres moteurs graphiques : Unity 3 brings very expensive dev tools at a very low price.

Les améliorations concernent surtout la gestion de la lumière et des textures. Le rendu est visuellement très impressionnant comme en témoigne cette vidéo :

Outre les qualités indéniables de cette nouvelle version (j’y reviendrais plus bas), Unity s’est également trouvé un partenaire de choix avec Electronic Arts qui va utiliser la plateforme pour accélérer le temps de développement / déploiement d’un certain nombre de ses produits sur différents supports (PC, Mac, consoles, iPhone/iPad, Android…) : Electronic Arts Gives Unity’s Game Development Platform A Big Wet Kiss. Ce partenariat prolonge ainsi une collaboration déjà entamée sur Tiger Woods PGA Tour Online.

Tiger Woods dans votre navigateur avec Unity3D

Pour bien apprécier les capacités de cette technologie, rien de tel qu’un petit jeu en ligne comme le tout récent Bootcamp qui vous place dans la peau d’un soldat. Le but n’est pas de proposer un jeu au gameplay parfait mais plutôt de mettre en scène les possibilités graphiques du plugin. Ça commence donc avec une vue aérienne dans les nuages pendant le chargement (avec de très beaux volumes) :

Superbe rendu des nuages et des rayons du soleil

Vous avez ensuite accès à une vue depuis l’intérieur du cockpit pour admirer la profondeur de champ :

La vue porte très loin depuis la cabine

Puis, vous vous posez et vous pouvez admirer la finesse des détails (arbres, buisson, rivière…) ainsi que les rayons de soleil atténués par les branches d’arbre :.

Les détails impressionnants de la forêt

Au bout de quelques pas, vous accédez à une zone plus urbaine avec des bâtiments de grande taille qui ne ralentissent pas le rendu grâce à la technique de l’Occlusion Culling (le moteur n’affiche que ce qui est visible par les yeux du joueur) :

Des bâtiments abandonnés au bout du chemin

Vient ensuite une partie plus rythmée où vous pouvez vous entrainer au tir avec des drones :

Appréciez le rendu des flammes et de la fumée

Au final, nous avons un rendu visuel et des algorithmes de traitement de premier choix. Bon par contre il faut bien avouer que l’affichage de tous ces détails monopolise une bonne partie de la ressource de votre machine (en fait TOUTE la ressource). Ceci signifie que cette troisième mouture ne bénéficie par encore pleinement de l’accélération matérielle, donc que le plugin ne peut pas se reposer sur la carte graphique à 100%.

Concrètement, nous avons donc une technologie de rich internet games qui semble en avance sur la concurrence… mais pas tout à fait prête pour le marché des desktops. Autant cette plateforme est utilisée avec succès sur les terminaux mobiles, autant je pense qu’il faut plus regarder du côté de WebGL pour une solution « industrielle » plus robuste sur les desktops. Plus robuste pour quoi au juste ? Plus robuste pour proposer une solution viable afin de prendre des parts de marché aux jeux traditionnels ou aux jeux en free-to-play qui nécessitent encore l’installation d’un gros software.

Mais ça ne veut pas dire non plus qu’Unity n’est pas une solution viable : Paradise Paintball est ainsi un très bel exemple de compromis intelligent entre qualité du rendu graphique, jouabilité et potentiel social. J’attends à ce sujet avec impatience la quatrième version qui devrait certainement exploiter les capacités de la plateforme d’Unity 3.

Conclusion : Unity 3 a pris une bonne longueur d’avance sur les plateformes mobiles (smartphone, PSP…) mais doit encore progresser avant de pouvoir se mettre à l’abri de concurrents comme les solutions propriétaires (par exemple celle utilisée pour Quake Live ou InstantAction) ou encore les moteurs de jeux reposant sur HTML5 comme l’Aves Engine de Dextrose récemment racheté par Zynga.

Offensive de Microsoft sur Silverlight et HTML5

La semaine dernière a été marquée par un évènement important pour Microsoft : la sorite de la beta d’Internet Explorer 9. Ne vous y trompez pas, IE9 n’a pas pour ambition de concurrencer Chrome, Firefox ou Opera. Pour résumer unen longue histoire, disons qu’IE concoure dans sa propre catégorie où il n’a pas de réel concurrence. Cette nouvelle version est un évènement important car elle marque la volonté de Microsoft de réduire son écart par rapport aux autres navigateurs et notamment vis-à-vis des performances et du support d’HTML5 et cie. Quoi que vous puissiez lire sur tel ou tel blog, IE est encore le navigateur le plus utilisé et quand Microsoft sort une nouvelle version, il arrête implicitement le support d’une ancienne version. La sortie officielle d’IE 9 aurait dû signer l’arrêt de mort d’IE 6 mais visiblement Microsoft va continuer à le maintenir jusqu’en 2014. Une tuile pour les développeurs qui vont devoir assumer la rétro-compatibilité (comptez 30% de code en plus pour assurer la rétro-compatibilité IE6).

Bref, tout ça pour vous dire que cette neuvième version a été l’occasion pour Microsoft de revenir sur le devant de la scène avec un showroom pour présenter les capacités d’IE 9 (Test Drive, sur le même modèle que Chrome Expriments) mais également des choses plus expérimentales comme le très surprenant Never Mind the Bullets. Il s’agit d’un site expérimental qui raconte une histoire de Far West (avec cow-bays, whisky et duel au pistolet) sous forme de bande dessinée en ligne. L’histoire est divisée en chapitres et vous la lisez en déplaçant votre souris de gauche à droite.

Le western façon HTML5

La narration se fait de façon fluide (grâce à la technique du « parallax« ) avec moult effets réalisés à l’aide d’HMLT5 et CSS3 (Font faceSVG background, mise en page avec Header et Section, accélération JavaScript, CSS3 Multi-background…). Ce minisite est bien évidement consultable avec d’autres navigateurs, mais je trouve cette initiative particulièrement réussie, d’autant plus qu’elle a été réalisée par une agence française (Steaw Web Design) ! L’idée derrière ce minisite n’est pas tant d’épater la galerie que de rassurer la communauté des développeurs quant aux ambitions de Microsoft pour avec de gros investissements à la clé pour faire évoluer plus rapidement le moteur de rendu. (via Tapahont)

Autre évènement : la sortie chez Bigpoint (éditeur de nombreux MMO comme RuneScape ou DarkOrbit) de WarStory, un jeu massivement multijoueur réalisé avec Silverlight : Bigpoint Launches Silverlight-Powered MMO Warstory. Dans ce jeu de stratégie en temps réel, qui ne nécessite pas d’installation, vous affrontez d’autres joueurs dans cette reconstitution de la Seconde Guerre mondiale.

Warstory, premier jeu de stratégie en temps réel d'envergure avec Silverlight

Ce nouveau jeu ne va pas révolutionner le marché, mais c’est une étape importante de la reconnaissance de Silverlight comme plateforme de Rich Internet Games (largement dominé par Flash et Unity3D), surtout chez un éditeur qui touche plus de 140 millions de joueurs. D’après le CEO de Bigpoint, d’autres titres exploitant Silverlight sortiront dans le courant de l’année 2011.

Superbe environnement immersif pour WaterLife

Ces derniers temps j’ai comme l’impression que la ligne éditoriale de ce blog tourne essentiellement autour du débat Flash vs. HTML5. Comme j’ai déjà eu de nombreuses occasions de m’exprimer sur ce sujet, je vous propose ce soir un billet plus « traditionnel » sur un beau site en Flash : WaterLife. Il s’agit du site de promotion du documentaire éponyme qui propose un univers incroyablement immersif et une expérience tout à fait… aquatique !

La page d'accueil de WaterLife
La page d'accueil de WaterLife

Plusieurs éléments participent à cette expérience :

  • Une ambiance sonore parfaitement en phase avec le thème du site / film (des musiques très douces et des bruitages issus du milieu aquatique) ;
  • Une interface toujours en mouvement (comme la surface de l’eau) avec de belles transitions, un menu en forme de vague et tout un tas d’animations très discrètes à l’écran qui viennent donner vie à l’écran ;
  • Une belle mise en scène avec des effets 3D synchronisés avec l’emplacement de la souris (bougez votre souris et vous changer la perspective des textes).

Le site en lui-même se décompose en une centaine de tableaux qui sont autant de témoignages / éclairages sur un aspect particulier de la gestion (préservation) de l’eau. Ces tableaux peuvent prendre la forme de textes récités par dessus une vidéo de fond de page :

Exemple de témoignage du site
Exemple de témoignage du site

Il y a aussi des tableaux plus informatifs qu’illustratifs avec un traitement graphique scolaire :

Autre exemple de témoignage
Autre exemple de témoignage

Bref, c’est un très beau site comme il est possible d’en faire en Flash… ou en Silverlight… ou en HTML5 ! Peut importe la technologie employée du moment que le message est correctement mis en scène. Après ça, tout est une question de coût de production et de compatibilité et sur ces deux points, Flash dispose encore et toujours d’une sacrée longueur d’avance sur HTML5 (qui part ailleurs peut se révéler plus performant que Flash dans d’autres domaines, mais pas dans ce cas de figure).

(via Top 10 Best Flash Websites of 2010)

Google à l’assaut d’iTunes et d’iOS avec Chrome et HTML5 ?

Alors que Google est en train d’accélérer le rythme des innovations autour de son navigateur, les équipes de Chrome Experiment viennent de publier une nouvelle démonstration technologique autour de HTML5 particulièrement intéressante : Arcade Fire, HTML5 and Chrome. Cette expérimentation artistique met en scène le dernier titre du groupe Arcade Fire dans une chorégraphie de fenêtres orchestrées par le réalisateur Chris Milk : The Wilderness Downtown.

The Wilderness Downtown avec HTML5
The Wilderness Downtown avec HTML5

L’objectif affiché de cette création artistique est de valoriser des techniques comme la balise vidéo, le rendu 3D de la balise Canvas (avec le nuage d’oiseaux), la manipulation d’objets (les cartes issues de Google Maps et Hearth), la synchronisation des fenêtres, les dessins procéduraux (voir la capture en dessous), les filtres couleur appliqués aux images ainsi que l’incrustation de sprites dans les vues aériennes et les streets views.

Dessin vectoriel séquentiel et fenêtres synchronisées
Dessin vectoriel séquentiel et fenêtres synchronisées

Le tout forme une expérience inédite mais qui consomme tout de même beaucoup de ressources. Qu’importe, j’imagine que l’objectif de Google est de démontrer la supériorité de son navigateur et surtout d’illustrer des possibilités jusqu’alors inexploitées. Des possibilités inexploitées par un navigateur… ça ne vous dit rien ? Avec cette démonstration Google est en train de préparer tranquillement l’opinion publique à la sortie de son web OS éponyme (programmée pour la fin de l’année) qui va devoir se heurter au scepticisme des clients qui vont avoir bien du mal à faire le deuil du couple OS / logiciel auquel ils sont attachés.

Même si cette expérimentation nous prouve surtout que les navigateurs sont limités en capacité de traitement, ils préparent déjà la suite avec un gros coup : Une nouvelle version de Chrome capable d’exploiter la carte graphique des ordinateurs (Hardware Acceleration is Coming to Chrome). Petit à petit, Google est donc en train de creuser l’écart avec ses concurrents et surtout de préparer l’avenir avec un Chrome promu au status de plateforme : OS + Navigateur + App Store (cf. Chrome OS Gets Ready for Gaming). Selon cette perspective, Chrome ne serait plus réellement un concurrent de Firefox ou encore d’IE, mais plutôt d’iTunes et d’iOS. À suivre…

(via The Next Web)

Adobe lance une offensive sur les magazines numériques et les jeux mobiles

Les habitudes de consommation changent, et les éditeurs évoluent avec elles. Ainsi nous passons de plus en plus de temps sur les terminaux alternatifs comme les smartphones ou les touchbooks, et cette tendance va s’accroître fortement au vue des prévisions. Pour anticiper cette évolution Adobe a tout récemment lancé deux initiatives pour renforcer sa légitimité sur ces terminaux alternatifs.

Il y a tout d’abord l’annonce du lancement de l’offre Digital Publishing qui permet de publier des contenus de type magazine sur des touchbooks. Le premier exemple visible est le portage du magazine Wired sur l’iPad. Après cette première expérience réussie, et la petite scène de ménage en public (cf. Vivement la fin du conflit entre Apple et Adobe), Adobe propose maintenant une extension à la suite InDesign pur pouvoir intégrer des contenus multimédias et concevoir une interface adaptée aux touchbooks : Adobe to Roll Out New Publishing Software for Tablets.

L'outil de publication de magazines numériques d'Adobe
L'outil de publication de magazines numériques d'Adobe

Cette extension est composée du Digital Content Bundler qui permet d’importer des sources, de les retravailler, d’y ajouter des meta-données ainsi qu’une couche d’interactivité et de les publier dans un format propriétaire (le .issue). L’autre partie de l’offre est le Digital Content Viewer, un module de visualisation qui est proposé aux éditeurs pour qu’ils puissent distribuer leurs magazines.

La version numérique du magazine Wired
La version numérique du magazine Wired

Je ne rentrerais pas dans les détails de l’offre, mais cette dernière me semble tout à fait adaptée aux contraintes des éditeurs (ne pas révolutionner leur chaîne de production) et va permettre d’abaisser grandement le coût de transformation des publications (enfin je pense, si vous avez des retours d’expérience je suis preneur). Cette offre nous prouve donc deux choses :

  1. Adobe compte bien maintenir sa position dominante sur le créneau des outils d’édition
  2. Adobe n’est pas tant fâché que ça avec Apple (après tout ils ont besoin l’un de l’autre)

Plus d’infos ici : Creating Digital Magazines et Advancing the future of digital publishing.

Deuxième initiative, un grand concours de développement de jeux sur mobile avec Flash (sur le plateforme Android) auquel participent trois gros acteurs (Kongregate, Flash Game Licence et Mochi Media).

Jeux mobiles avec Flash sur le Nexus One
Jeux mobiles avec Flash sur le Nexus One

Il y a ainsi près de 30.000$ de gains pour chacun de ces concours qui récompensera les meilleurs jeux mobiles (en fonction de leur jouabilité, de l’esthétisme et des performances techniques). Adobe n’en est pas à son premier gallop d’essai pour les jeux mobiles en Flash (Kongregate Tests New Android Flash Implementation With 100+ Games) mais ce concours devrait fortement stimuler les développeurs. Nottons au passage l’effort de pédagogie réalisé par Kongregate qui profite de l’occasion pour publier des recommandations parfaitement bien documentées : Best Practices for Adobe Flash Multiscreen Gaming.

À ce sujet je suis à la recherche de sources donnant des ordres de grandeur de coûts / temps de développement d’applications ou jeux mobiles selon les plateformes (iPhone, Android, BB, Symbian). Si vous avez des liens, merci des les partager dans les commentaires.

(Merci à Damien D. pour les liens)