Adobe lance une offensive sur les magazines numériques et les jeux mobiles

Les habitudes de consommation changent, et les éditeurs évoluent avec elles. Ainsi nous passons de plus en plus de temps sur les terminaux alternatifs comme les smartphones ou les touchbooks, et cette tendance va s’accroître fortement au vue des prévisions. Pour anticiper cette évolution Adobe a tout récemment lancé deux initiatives pour renforcer sa légitimité sur ces terminaux alternatifs.

Il y a tout d’abord l’annonce du lancement de l’offre Digital Publishing qui permet de publier des contenus de type magazine sur des touchbooks. Le premier exemple visible est le portage du magazine Wired sur l’iPad. Après cette première expérience réussie, et la petite scène de ménage en public (cf. Vivement la fin du conflit entre Apple et Adobe), Adobe propose maintenant une extension à la suite InDesign pur pouvoir intégrer des contenus multimédias et concevoir une interface adaptée aux touchbooks : Adobe to Roll Out New Publishing Software for Tablets.

L'outil de publication de magazines numériques d'Adobe
L'outil de publication de magazines numériques d'Adobe

Cette extension est composée du Digital Content Bundler qui permet d’importer des sources, de les retravailler, d’y ajouter des meta-données ainsi qu’une couche d’interactivité et de les publier dans un format propriétaire (le .issue). L’autre partie de l’offre est le Digital Content Viewer, un module de visualisation qui est proposé aux éditeurs pour qu’ils puissent distribuer leurs magazines.

La version numérique du magazine Wired
La version numérique du magazine Wired

Je ne rentrerais pas dans les détails de l’offre, mais cette dernière me semble tout à fait adaptée aux contraintes des éditeurs (ne pas révolutionner leur chaîne de production) et va permettre d’abaisser grandement le coût de transformation des publications (enfin je pense, si vous avez des retours d’expérience je suis preneur). Cette offre nous prouve donc deux choses :

  1. Adobe compte bien maintenir sa position dominante sur le créneau des outils d’édition
  2. Adobe n’est pas tant fâché que ça avec Apple (après tout ils ont besoin l’un de l’autre)

Plus d’infos ici : Creating Digital Magazines et Advancing the future of digital publishing.

Deuxième initiative, un grand concours de développement de jeux sur mobile avec Flash (sur le plateforme Android) auquel participent trois gros acteurs (Kongregate, Flash Game Licence et Mochi Media).

Jeux mobiles avec Flash sur le Nexus One
Jeux mobiles avec Flash sur le Nexus One

Il y a ainsi près de 30.000$ de gains pour chacun de ces concours qui récompensera les meilleurs jeux mobiles (en fonction de leur jouabilité, de l’esthétisme et des performances techniques). Adobe n’en est pas à son premier gallop d’essai pour les jeux mobiles en Flash (Kongregate Tests New Android Flash Implementation With 100+ Games) mais ce concours devrait fortement stimuler les développeurs. Nottons au passage l’effort de pédagogie réalisé par Kongregate qui profite de l’occasion pour publier des recommandations parfaitement bien documentées : Best Practices for Adobe Flash Multiscreen Gaming.

À ce sujet je suis à la recherche de sources donnant des ordres de grandeur de coûts / temps de développement d’applications ou jeux mobiles selon les plateformes (iPhone, Android, BB, Symbian). Si vous avez des liens, merci des les partager dans les commentaires.

(Merci à Damien D. pour les liens)

Total Immersion lance un module Flash pour sa plateforme de réalité augmentée

La réalité augmentée est décidément un sujet chaud en ce moment. Et ça tombe bien car Total Immersion, le pionnier et le leader de ce créneau (Cocorico !), vient de lancer un module pour Flash : Total Immersion enhances its D’Fusion platform with the launch of its new augmented reality Adobe Flash module. Jusqu’à présent, pour faire de la réalité augmentée avec votre webcam vous aviez le choix entre utiliser une technologie propriétaire comme celle de TI (qui fonctionne très bien mais nécessite un plug-in : Olympus utilise la réalité augmentée pour la démo de son nouvel APN) ou utilisé une brique open source comme FLARToolkit mais qui ne fonctionne qu’avec un marqueur. Un choix pas évident car si Flash est installé sur 99% des ordinateurs, la nécessité d’imprimer une page avec un marqueur dessus est plus que bloquant. D’un autre côté, installer un plug-in est toujours pénible, mais la solution de Total Immersion peut se passer de marqueur donc fonctionner avec n’importe quel support 2D.

Ce choix est maintenant derrière nous avec la mise à disposition du module D’Fusion for Adobe Flash Player. Le principe est de proposer un environnement de développement générique (D’Fusion) et différents modules de déploiement (ordinateur, mobile, web…). Je vous recommande de tester la démo pour bien appréhender le potentiel de cette technologie :

La réalité augmentée avec Flash et sans marqueur
La réalité augmentée avec Flash et sans marqueur

Encore une fois, tout l’intérêt est de pouvoir faire de la réalité augmentée SANS marqueur, donc d’exploiter des supports génériques comme des publicités ou des logos de marque. De nombreuses possibilités sont ainsi ouvertes, à commencer par des dérives comme cette campagne anti-BP : Are We Entering the Age of Augmented Trademark Infringement?.

Mais le principal avantage que je vois dans cette annonce est de pouvoir profiter du portage de Flash sur les smartphones Android pour faire rimer réalité augmentée et mobilité. Le gain de temps pour monter une opération est très significatif.

Bref, je me réjouie de cette annonce, d’autant plus qu’elle concerne une entreprise française ! Au passage, s’il y a des personnes de chez Total Immersion qui lisent ce blog, je suis partant pour une petite interview et plus si affinité (comme un visite de la cellule R&D par exemple…).

(et éventuellement s’il y a un ou deux AR.Drones qui trainent chez Parrot, je suis preneur aussi !)

(Ha mince, rien à voir, si ce n’est que se sont deux sociétés françaises)

(Bon c’est pas grave, j’ai déjà publié le billet…)

(via R/W W)

L’industrie de la vidéo en ligne témoigne en faveur de Flash

Après trois mois de spéculations irraisonnées et d’escarmouches par articles interposés, il semblerait que la gue-guerre entre supporters d’HTML5 et supporters de Flash soit enfin calmée (cf. Pourquoi HTML5 et Flash ne peuvent être comparés). Maintenant que les arguments des uns et des autres ont été entendus, ceux qui sont réellement légitimes sur le sujet (les producteurs de contenus, pas les analystes du dimanche) commencent à s’exprimer et à faire entendre un son de cloche très différent des ayatollahs des standards web :

  • HTML5 Vs. Flash. What You Haven’t Heard, où l’auteur nous explique qu’HTML5 n’est pas un choix suffisamment mature pour les jeux en ligne. Flash propose ainsi une solution plus intéressante notamment pour le preloading, pour la simplicité d’animation de sprites et de fonds, pour le P2P, pour l’encaspulation de jeux en un fichier unique,  pour les performances… Bref, les producteurs de jeux en ligne restent fidèle à Flash même si nous voyons des choses très intéressantes pour HTML5 (cf. Les jeux en HTML5 deviendront-ils une réalité ?).
  • HTML5 And Flash: Why It’s Not A War, And Why Flash Won’t Die, où le fameux Smashing Magazine nous explique que Flash va progressivement reprendre la place qu’il aurait toujours dû occuper (animations multimédia, jeux…) mais qu’il ne va en aucun cas être remplacé par HTML5.
  • Why Porn and the iPad Are Key for HTML5, où l’on nous explique que les éditeurs de contenus pornographiques en ligne migrent vers des lecteurs vidéo en HTML5 pour draguer les utilisateurs d’iPad et espérer vendre plus de services premium. Tout en sachant que ces fameux services premium exploiteront de toute façon un lecteur vidéo en Flash pour mieux protéger les contenus et bénéficier de DRM solides. Cet avis est également partagé et détaillé ici : Why HTML5 Video Won’t Replace Flash.

    Le gros problème d'HTML5 avec les contenus vidéo
    Le gros problème d'HTML5 avec les contenus vidéo
  • Pardon Our Dust, où les équipes de Hulu expliquent les avantages de Flash comme lecteur vidéo (adaptive streaming, égalisation du volume de publicités, flexibilité du sous-titrage, seek preview, video analytics…).
  • Flash and the HTML5 , où les équipes de YouTube listent les avantages de Flash (utilisation de nombreux codec dont le WebM, protection des contenus sous licence, exportation très simple du lecteur, vidéo en plein écran, accès très simple à la webcam et au micro…).

Et pour enfoncer le clou, les équipes de YouTube viennent même de publier un jeu qui mélange très habilement le contenu de plusieurs vidéos ainsi que des briques externes (formulaire, cartes…) : Google Chrome FastBall – A Race Across The Internet.

Un jeu sur Youtube qui mélange plusieurs types de contenu
Un jeu sur Youtube qui mélange plusieurs types de contenu

Bon OK, même si ce jeu est surtout là pour vanter les mérites de Chrome, ça fait quand même du bien d’avoir des avis d’acteurs légitimes pour définitivement clore ce débat qui a trop duré.