Mozilla expérimente une alternative aux solutions de client riche avec Prism

La Fondation Mozilla a publié la semaine dernière une nouvelle version de WebRunner qui s’appelle maintenant Prism.

mozilla_prism.png

Pour faire simple, il s’agit d’une extension de Firefox qui permet de faire tourner des applications en ligne sur votre bureau et de reproduire l’expérience d’une application traditionnelle (fenêtre indépendante, icône et menus personnalisables…). Comme le résume très bien Laurent Jouanneau : “c’est Firefox sans l’interface de Firefox (boutons, barre d’adresse…)“.

Par contre ne vous méprenez pas, Prism ne permet pas d’accéder à des services en mode déconnecté (pas d’accès offline). De même, ne confondez pas WebRunner (maintenant nommé Prism) avec XulRunner, un environnement d’exécution d’applications réalisées avec XUL (le langage de description d’interface de Mozilla).

Si vous vous sentez un peu perdu, c’est normal c’est un peu compliqué (je vous recommande tout de même la lecture de ce billet : 10 ans d’évolution des interfaces web au service de l’expérience utilisateur). Pour faire simple, nous pouvons distinguer deux familles technologiques :

Prism se situe entre ces deux familles avec une solution qui ambitionne de faire évoluer les services en ligne vers un modèle applicatif, contrairement à AIR par exemple qui veut transformer des applications en services en ligne. Je vous recommande pour y voir plus clair l’article de Ryan Stewart : Mozilla moves closer to the desktop with ‘Prism’.

Donc concrètement avec Prism vous n’installez rien sur votre ordinateur et vous accédez à votre service favoris au travers d’une fenêtre qui lui est entièrement consacrée (indépendante de Firefox).

La contrepartie est que cette application (tout comme les sites web) ne peut pas accéder au contenu de votre disque dur ni au hardware (contrairement à AIR ou SmartClient). L’équipe de Mozilla Labs nous promet une évolution prochaine de Prism qui permettra de gérer la persistance des données et de stocker des informations sur le disque. A terme, les futures évolutions de Prism vont donc le faire ressembler à Google Gears (et à Firefox 3).

En tout cas ne vous y trompez pas, Prism n’est pas réellement un concurrent de AIR (qui lui aussi repose majoritairement sur des technologies web) mais plutôt un coopétiteur comme le suggère Mike Chambers : Mozilla Prism and the disingenuous web. Rappelons que Mozilla et Adobe sont très proches, surtout depuis qu’Adobe à “légué” le moteur Javascript de Flash (Tamarin) à la fondation : Vers un flash player en open source pour la fondation Mozilla ?.

Quoi qu’il en soit, le fait que Prism repose sur Firefox représente un énorme avantage car il pourrait être déployé à partir d’une “simple” mise à jour. Simple mise à jour qui concerne tout de même 30% des utilisateurs du web (lire à ce sujet l’article de Mike Potter : Prism Gives Web Apps Desktop Space).

Est-ce que ce Prism est une bonne nouvelle ? Mais bien sûr enfin ! C’est une très bonne nouvelle et je félicite la fondation Mozilla pour avoir adopté une approche alternative par rapport aux solutions existantes. Petite précision : ne vous posez pas la question de savoir si Prism et Silverlight de Microsoft sont des solutions concurrentes, ça n’a rien à voir car Silverlight est avant tout un concurrent de Flash.

Comme je suis bon joueur, je laisse le mot de la fin à Tristan Nitot : The (not so) hidden goals of Prism, AIR and Silverlight.

/!\ Article précédemment publié sur FredCavazza.net.

Comments are closed.