Total Immersion lance un module Flash pour sa plateforme de réalité augmentée

La réalité augmentée est décidément un sujet chaud en ce moment. Et ça tombe bien car Total Immersion, le pionnier et le leader de ce créneau (Cocorico !), vient de lancer un module pour Flash : Total Immersion enhances its D’Fusion platform with the launch of its new augmented reality Adobe Flash module. Jusqu’à présent, pour faire de la réalité augmentée avec votre webcam vous aviez le choix entre utiliser une technologie propriétaire comme celle de TI (qui fonctionne très bien mais nécessite un plug-in : Olympus utilise la réalité augmentée pour la démo de son nouvel APN) ou utilisé une brique open source comme FLARToolkit mais qui ne fonctionne qu’avec un marqueur. Un choix pas évident car si Flash est installé sur 99% des ordinateurs, la nécessité d’imprimer une page avec un marqueur dessus est plus que bloquant. D’un autre côté, installer un plug-in est toujours pénible, mais la solution de Total Immersion peut se passer de marqueur donc fonctionner avec n’importe quel support 2D.

Ce choix est maintenant derrière nous avec la mise à disposition du module D’Fusion for Adobe Flash Player. Le principe est de proposer un environnement de développement générique (D’Fusion) et différents modules de déploiement (ordinateur, mobile, web…). Je vous recommande de tester la démo pour bien appréhender le potentiel de cette technologie :

La réalité augmentée avec Flash et sans marqueur

La réalité augmentée avec Flash et sans marqueur

Encore une fois, tout l’intérêt est de pouvoir faire de la réalité augmentée SANS marqueur, donc d’exploiter des supports génériques comme des publicités ou des logos de marque. De nombreuses possibilités sont ainsi ouvertes, à commencer par des dérives comme cette campagne anti-BP : Are We Entering the Age of Augmented Trademark Infringement?.

Mais le principal avantage que je vois dans cette annonce est de pouvoir profiter du portage de Flash sur les smartphones Android pour faire rimer réalité augmentée et mobilité. Le gain de temps pour monter une opération est très significatif.

Bref, je me réjouie de cette annonce, d’autant plus qu’elle concerne une entreprise française ! Au passage, s’il y a des personnes de chez Total Immersion qui lisent ce blog, je suis partant pour une petite interview et plus si affinité (comme un visite de la cellule R&D par exemple…).

(et éventuellement s’il y a un ou deux AR.Drones qui trainent chez Parrot, je suis preneur aussi !)

(Ha mince, rien à voir, si ce n’est que se sont deux sociétés françaises)

(Bon c’est pas grave, j’ai déjà publié le billet…)

(via R/W W)

L’industrie de la vidéo en ligne témoigne en faveur de Flash

Après trois mois de spéculations irraisonnées et d’escarmouches par articles interposés, il semblerait que la gue-guerre entre supporters d’HTML5 et supporters de Flash soit enfin calmée (cf. Pourquoi HTML5 et Flash ne peuvent être comparés). Maintenant que les arguments des uns et des autres ont été entendus, ceux qui sont réellement légitimes sur le sujet (les producteurs de contenus, pas les analystes du dimanche) commencent à s’exprimer et à faire entendre un son de cloche très différent des ayatollahs des standards web :

  • HTML5 Vs. Flash. What You Haven’t Heard, où l’auteur nous explique qu’HTML5 n’est pas un choix suffisamment mature pour les jeux en ligne. Flash propose ainsi une solution plus intéressante notamment pour le preloading, pour la simplicité d’animation de sprites et de fonds, pour le P2P, pour l’encaspulation de jeux en un fichier unique,  pour les performances… Bref, les producteurs de jeux en ligne restent fidèle à Flash même si nous voyons des choses très intéressantes pour HTML5 (cf. Les jeux en HTML5 deviendront-ils une réalité ?).
  • HTML5 And Flash: Why It’s Not A War, And Why Flash Won’t Die, où le fameux Smashing Magazine nous explique que Flash va progressivement reprendre la place qu’il aurait toujours dû occuper (animations multimédia, jeux…) mais qu’il ne va en aucun cas être remplacé par HTML5.
  • Why Porn and the iPad Are Key for HTML5, où l’on nous explique que les éditeurs de contenus pornographiques en ligne migrent vers des lecteurs vidéo en HTML5 pour draguer les utilisateurs d’iPad et espérer vendre plus de services premium. Tout en sachant que ces fameux services premium exploiteront de toute façon un lecteur vidéo en Flash pour mieux protéger les contenus et bénéficier de DRM solides. Cet avis est également partagé et détaillé ici : Why HTML5 Video Won’t Replace Flash.
    Le gros problème d'HTML5 avec les contenus vidéo

    Le gros problème d'HTML5 avec les contenus vidéo

  • Pardon Our Dust, où les équipes de Hulu expliquent les avantages de Flash comme lecteur vidéo (adaptive streaming, égalisation du volume de publicités, flexibilité du sous-titrage, seek preview, video analytics…).
  • Flash and the HTML5 <video> tag, où les équipes de YouTube listent les avantages de Flash (utilisation de nombreux codec dont le WebM, protection des contenus sous licence, exportation très simple du lecteur, vidéo en plein écran, accès très simple à la webcam et au micro…).

Et pour enfoncer le clou, les équipes de YouTube viennent même de publier un jeu qui mélange très habilement le contenu de plusieurs vidéos ainsi que des briques externes (formulaire, cartes…) : Google Chrome FastBall – A Race Across The Internet.

Un jeu sur Youtube qui mélange plusieurs types de contenu

Un jeu sur Youtube qui mélange plusieurs types de contenu

Bon OK, même si ce jeu est surtout là pour vanter les mérites de Chrome, ça fait quand même du bien d’avoir des avis d’acteurs légitimes pour définitivement clore ce débat qui a trop duré.

Sortie de AIR 2 et Flash 10.1

Un peu plus de 6 mois après la disponibilité des versions beta, Adobe annonce le même jour le lancement des nouvelles versions de Flash et AIR : Adobe AIR 2 Now Available et Flash Player 10.1 Now Available for Windows, Mac, and Linux.

Commençons par Flash avec cette nouvelle version 10.1 qui apporte les améliorations suivantes :

  • Meilleure gestion des ressources (processeur et mémoire), les animations tournant dans un onglet non-visible seront ainsi mises en sommeil ;
  • Des vidéos HD plus fluides (accélération matérielle pour le décodage du format H.264, implémentation de HTTP Dynamic Streaming) ;
  • Des vidéos P2P plus performantes avec le Real Time Media Flow Protocol ;
  • Nouvelles API multitouch ;
  • Prise en compte du mode “Privacy” des navigateurs ;
  • Meilleures performances sou Mac (surtout avec Safari).

Les équipes insistent sur le fait que cette nouvelle version représente un bon en avant et pas seulement une incrémentation de 0.1 dans la version. OK mais alors pourquoi ne pas l’avoir nommé Flash 10.5 ? En tout cas j’espère que nous pourrons constater les améliorations sur des applications innovantes comme Tweet for Honor (disponible bientôt).

Concernant AIR, voici la liste des nouveautés :

  • Amélioration de la stabilité et des performances (utilisation de 30% de mémoire en moins) ;
  • Support de HTML5 et CSS3 (et notamment de l’élément <canvas>) ;
  • Meilleur support du système de fichier ainsi que des processus d’installation et d’impression ;
  • Prise en charge du code natif avec l’API NativeProcess.

Des nouveautés qui ne seront donc pas forcément visible à l’oeil mais qui vont grandement améliorer ce qui se passe sour le capot. Pour tester tout ça, je vous recommande un petit tour sur la marketplace d’applications.

Le point sur la 3D dans votre navigateur

Faire de la 3D dans un navigateur est un sacré challenge, tout simplement car ils n’avaient pas été prévus pour ça. Il n’empêche, la pression de la part des éditeurs de jeux en ligne est toujours plus forte. De ce fait, une course à la montre à donc été entamée depuis quelques temps pour combler cette lacune (lacune ?) et faire tourner de la 3D dans nos navigateurs.

Plusieurs technologies sont ainsi en concurrence et le choix n’est pas évident car on peut difficilement les comparer. J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous en parler, mais je souhaite au travers de ce billet faire le point avec vous et éventuellement en apprendre sur des technologies et produits que je ne connais pas (encore). Il ne s’agit pas ici de dresser une liste exhaustive des technologies mais plutôt de voir où en sont les trois plus prometteuses.

Il y a tout d’abord Flash associé à la librairie Papervision3D qui permet de faire des choses tout à fait intéressantes. Le principal avantage est que Flash est installé sur plus de 95% des ordinateurs. Illustration avec OGCOpen, une simulation de golf :

Simulation de golf avec Papervision3D

Simulation de golf avec Papervision3D

La communauté est très active autour de ce projet mais il y a plusieurs problèmes :

  • Le coeur du moteur 3D de Papervision est en cours de réécriture depuis 1 an (nom de code : PapervisionX) et le chantier n’est pas terminé ;
  • Adobe travail de son côté à l’intégration de la 3D dans Flash ;
  • Il n’existe pas d’environnement de production dédié au jeu (même dans Flash Builder 4).

Hypothèse optimiste : Adobe décide d’investir officiellement dans le projet (pour l’intégrer dans les futures versions) et lance un environnement de production dédié dans Flash Builder 5.

Il y a ensuite Unity3D, une technologie propriétaire dont les principaux avantages sont les performances et la maturité de l’environnement de production (la prochaine version 3 s’annonce encore plus impressionnante).

Le rendu 3D de Unity 3

Le rendu 3D dans Unity

Problèmes :

  • La technologie est propriétaire ;
  • Le taux de pénétration du Unity Web Player est quasi insignifiant ;
  • L’éditeur est de petite taille donc se pose à la question de la pérennité.

Hypothèse optimiste : Unity est racheté ou financé par un gros éditeur et atteint la taille critique pour s’imposer sur le marché.

Citons enfin WebGL, le standard promulgué par le Khronos Group (cf. WebGL, le nouveau standard de la 3D sur le web) qui progresse à grand pas. En témoigne CopperLicht, un moteur Javascript exploitant WebGL et proposant à la fois de très bonne performances et un environnement de production dédié (cf. Copperlicht: A new WebGL 3D Engine).

Le moteur 3D de CopperLicht en action

Le moteur 3D de CopperLicht en action

WebGL semble donc être un bon compromis entre les deux technologies citées plus haut en combinant performance, ouverture et au moins un éditeur d’un environnement de production. Gros problème : WebGL n’est supporté que par les navigateurs de dernière génération (par exemple Webkit sur Mac).

Vous l’aurez donc compris, le choix n’est pas simple et il faut bien peser le pour et le contre avant de miser sur une technologie : Performances, maturité, viabilité, ouverture… La clé de cette course étant la domination d’un marché qui s’annonce très juteux : Les Rich Internet Games.

Merci de mettre en commentaire toute information complémentaire sur ces technologies ou sur des alternatives (ou même sur un benchmark).

Pourquoi HTML5 et Flash ne peuvent être comparés

Ces dernières semaine j’ai vu passer un certain nombre d’articles qui annonçait la mort prochaine de Flash avec l’avènement de HTML 5. Je dois bien avouer ne pas du tout comprendre cette “polémique” dans la mesure où ce sont deux technologies qui ne peuvent pas réellement être comparées. A la limite nous pourrions peut-être comparer les usages que l’on peut en faire (au travers des applications) mais là encore c’est très limité.

Avant toute chose remettons tout de suite les choses à leur place : Flash est aujourd’hui déployé sur près de 99% des ordinateurs, alors que HTML5 n’est supporté que par les navigateurs de dernière génération qui représentent à peine 10% du marché (et encore…). Vous pourriez me dire que les parts de marché de ces fameux navigateurs progressent vite, mais il faudra sûrement une décennie avant que HTML5 devienne un standard de facto (pénétration supérieure à 90%). Il est donc important de préciser que de toute façon ce débat n’a pas lieu d’être pour une simple raison arithmétique.

Mais revenons aux usages : Flash est à la base prévu pour faire tourner des animations vectorielles mais au fil du temps nous lui avons trouvé toutes sortes d’usages comme les jeux, les applications, la 3D ou encore les players multimédia (musique et vidéo). Nous avons récemment vu l’émergence du SublimeVideo Player, un lecteur vidéo en HTML 5 qui semble très bien fonctionner, mais est-ce une raison pour annoncer dès maintenant le remplacement des Flash player ? Non pas réellement, d’une part pour des raisons de performance (cf. Does HTML5 Really Beat Flash? The Surprising Results of New Tests) et d’autre part car les players de dernières générations ne font pas que jouer de la vidéo, ils peuvent aussi rajouter des sous-titres, de la publicité contextualisée et même adapter la résolution au débit. Et c’est bien sur ce dernier point que les placers vidéo en HTML5 ont de gros progrès à faire, surtout comparés à des technologies comme Flash ou Silverlight qui sont capables de faire de l’adaptive streaming mais aussi du smooth streaming (cf. Sorry, HTML5 Crowd, Flash Ain’t Dead Yet).

De même, HTML5 va apporter beaucoup de choses pour les applications en ligne avec le stockage local des données… mais est-il bien réaliste d’envisager des applications de retouche photo / audio / vidéo (comme la suite Aviary) en HTML5 ? Signalons aussi que Flash n’est que le dernier maillon d’une longue chaine : Flex propose en effet un environnement de développement tout à fait mûr pour développer et maintenir des applications métier.

Il y a aussi le cas particulier des applications mobiles (cf. The Future of Web Content – HTML5, Flash & Mobile Apps) où HTML5 peut apporter des choses intéressantes… tout en présentant de grosses limitations par rapport aux applications natives. Mais là encore, une solution de Rich Mobile Application comme AIR va mettre tout le monde d’accord.

Autre élément important à prendre en compte, derrière Flash il y a aussi tout un écosystème d’agences, de SSII, de développeurs indépendants, d’organismes de formation et de clients qui ne sont pas prêt à abandonner Flash pour relever l’exploit technique de l’HTML 5. Même s’il s’agit d’une technologie propriétaire, la Flash Platform a su faire ses preuves. En définitif je pense qu’il n’est pas faux de dire que ce débat n’existe que par la volonté de 2 ou 3 blogueurs / journalistes en mal de sujet fort et de visites facilement gagnées avec des titres accrocheurs.

Néanmoins je pense que pour aborder cette question et faire un choix en toute objectivité il y a deux critères essentiels :

  • Le ROI (quelle solution est la plus viable en terme de coûts de développement / intégration / maintenance ?) ;
  • L’expérience utilisateur que vous aller proposer à vos visiteurs (qui se moquent éperdument de la technologie employée).

Le pire dans ce débat à la noix c’est que vous n’êtes et ne serez jamais obligé de choisir entre ces deux technologies : Rien nous vous empêche d’utiliser les deux pour optimiser le ROI et l’expérience. Sur ce point là je rejoins tout à fiat l’avis de Dan Mall (Flash and Standards: The Cold War of the Web).

Fin du débat.

Pourquoi l’iPad n’a pas besoin de Flash

Voilà maintenant 2 semaines que l’iPad a été annoncé… et deux semaines que le marché se demande quand Apple va se décider à implémenter Flash. Autant le dire tout de suite : Je ne pense pas que Flash soit un jour disponible sur l’iPad (ni sur l’iPhone) et je n’y tiens pas car cela ruinerait toute l’expérience utilisateur.

Le succès de l’iPhone (et celui de l’iPad) repose sur une parfaite maitrise de l’interface

Quand vous y réfléchissez bien, quels facteurs ont participé au succès de l’iPhone : Des interfaces et modalités d’interactions homogènes et un usage quotidien reposant sur les applications. Pour être exacte, il s’agit plus de mini-applications qui sont utilisées de façon intermittente et ponctuelle.

En lançant un iPad propulsé par le même système d’exploitation que l’iPhone, Apple souhaite ainsi capitaliser sur cet héritage et même enrichir l’expérience avec des contenus multimédia (des comics comme chez PanelFly ou des magazine digitalisés comme chez Condé Nast).

Panelfly

Le web sans Flash est-il encore le web ?

L’iPad est également vendu comme le terminal de référence pour surfer sur le web depuis votre canapé. OK, mais tout comme l’iPhone, l’iPad ne permet pas d’afficher des contenus Flash. Ors d’après Adobe, Flash est devenu un élément indispensable du web : Open Access to Content and Applications et Apple’s iPad, a broken link?. Je ne peux qu’abonder dans ce sens car une grosse partie des contenus que nous consommons repose tout ou partie sur Flash (les vidéos sur YouTube, les jeux dans Facebook, une très grosse majorité de sites de marque, une part non-négligeable des applications en ligne… Lire à ce sujet l’article suivant : iPad Limits User’s Web Surfing.

Impossible d'afficher des contenus Flash sur l'iPad

Impossible d'afficher des contenus Flash sur l'iPad

À partir de là nous en venons donc à nous demander si le web sans Flash n’est pas un web limité, amoindri. Mais au fond, un web consulté à partir d’un terminal sans souris / clavier est de toute façon un web limité. D’autant plus si vous êtes habitué à surfer sur un écran plus grand que 1024*768 (soit 80% des lecteurs de ce blog) ou avec un navigateur comme Firefox et ses nombreuses extensions (plus de 60% des lecteurs de ce blog).

Bref, je suis convaincu que surfer sur un iPhone ou un iPad ne rend pas le même service que surfer depuis un ordinateur. Il s’agit donc d’un surf d’appoint, qui peut rendre de très précieux services, mais qui ne risque pas réellement de faire de la concurrence aux ordinateurs (et notamment les netbooks). Mais au final ce n’est pas très grave car cette limitation est compensée par la disponibilité de très nombreuses applications et par certains sites adaptés (comme Wikipedia).

À partir du moment où Apple à la capacité de fournir un service équivalent aux travers de ces applications (grande stabilité, basculement très rapide d’une application à l’autre) cela ne dérange pas les utilisateurs d’iPhone, moi le premier. Je dirais même plus que dans certains cas les applications sont plus performantes que les sites web (Facebook, Twitter…).

L’iPhone se passe très bien de Flash

Prenons un peu de recul et essayons de synthétiser l’usage de Flash et la gène que cela peut procurer aux utilisateurs d’iPhone :

  • Les vidéos ? Il y a déjà une application YouTube et de toute façon la bande passante en 3G est trop faible.
  • Les jeux ? Ceux disponibles en version native sont parfaitement adaptés aux capacités de l’iPhone et tournent plus vite.
  • Les applications en ligne ? Soyons sérieux, quelle application est réellement exploitable avec une surface d’affichage si restreinte et l’absence de souris / clavier.

Certes avec l’iPad et son écran beaucoup plus grand la gêne risque d’être plus forte, mais de toute façon les interactions reposant sur l’écran tactile sont beaucoup moins précises et efficientes qu’avec un clavier et une souris. Mieux vaut passer par une version de l’application spécifiquement adaptée aux contraintes / opportunités de la machine. De plus Flash est très gourmand et risquerait de fortement diminuer l’autonomie de l’iPad.

Donc au final l’iPhone se passant très bien de Flash, il n’y a pas de raison apparente pour que cela soit différent sur l’iPad. Ceci venant en plus s’ajouter à des histoires de DRM et de modèle économique qui font que Flash est perçu comme un danger pour l’iPhone (cf. Flash is the Real iPhone Killer).

ipad_flash

Flash risque de remettre en cause l’intégrité de l’expérience d’utilisation de l’iPhone / iPad

Mais ce qui est à mon avis un facteur rédhibitoire pour Flash, c’est l’impact qu’il pourrait avoir sur l’expérience utilisateur de l’iPad. Depuis le début de l’iPhone, les interfaces et interactions des applications doivent se conformer à la charte définie par Apple. C’est cette charte qui garantie l’intégrité et la cohérence des interface. Implémenter Flash veut dire s’extraire de la contrainte des applications native donc remettre en cause cette intégrité. Je suis convaincu que le succès de l’iPhone (et probablement celui de l’iPad) repose sur cette maitrise des interfaces.

Nous verrons bien ce que cela donnera sur les smartphones équipés d’Android (le système d’exploitation de Google qui permettra très bientôt de faire tourner des contenus Flash) ou sur les futurs touchbooks tournant sous Chrome OS, mais je pense que l’expérience sera moins bien maitrisée. Cela ouvrira beaucoup plus de possibilités, mais cela va rendre la prise en main plus complexe. Je reste donc fidèle à l’approche plus fermée d’Apple mais à ses interfaces parfaitement maitrisées (cf. Flash Is Never Coming To the iPhone).

Existe-t-il des alternatives ?

Oui bien sur, il existe toujours des alternatives :

  • La possibilité de compiler des contenus Flash en application iPhone avec la Creative Suite 5 (dont les performances et la stabilité restent encore à prouver);
  • La possibilité de passer par HTML5 et sa fameuse balise <video> ;
  • Le probable portage de Silverlight sur iPhone / iPad.

Silverlight sur l’iPhone OS ? Oui je sais ça peut sembler étrange comme idée mais je me devais de lister toutes les hypothèses. Pour le moment l’alternative technologique la plus crédible semble donc être HTML5. Mais n’oublions pas qu’Apple a l’entière maîtrise de la version mobile de Safari, donc ils peuvent tout à fait imposer des limitations de ce côté-là s’ils sentent une menace.

Donc au final il y a très peu de chances pour qu’une alternatives viable à Flash fasse sont apparition sur l’iPhone / iPad. De toutes façon ces machines n’en ont pas réellement besoin de Flash, et ça tombe bien car Apple n’est pas prêt à l’implémenter !

CSS3 et javascript seront-elles les technologies RIA du future ?

L’idée d’associer les interfaces riches à javascript peut vous sembler banale, mais je rappelle pour certain(e)s que l’époque du web pre-Ajax n’est pas si éloignée de nous (à peine 5 ans). Bref, tout ça pour dire qu’avec les dernières générations de navigateurs (Chrome, Firefox, Safari…) les améliorations apportées aux moteurs de rendu CSS ainsi qu’au moteurs javascript remettent en cause une partie des usages de technologies RIA que l’on croyait immuables, et plus particulièrement Flash.

Autant Flash reste la technologie de référence pour tout ce qui est animation vectorielle et manipulation de vidéos / sons, autant pour des usages plus basiques la question se pose… Elle se pose notamment chez Youtube, Dailymotion et Vimeo qui expérimentent tous les trois des lecteurs vidéo en HTML5. Et ce n’est que le début !

Prenons par exemple les techniques de remplacement d’image, elles deviennent obsolètes avec @font-face : Using @font-face.

Bien évidemment nous aurons toujours besoin de Flash, Silverlight et cie pour des interfaces véritablement riches, mais pour faire de petits enrichissements “locaux”, CSS3 va nous permettre de faire des choses tout à fait intéressantes comme en témoigne le dernier article de Smashing Magazine : The New Hotness: Using CSS3 Visual Effects. C’est ainsi un festival d’exemples comme ces boutons lumineux (Radioactive buttons) :

Des boutons qui flashent avec... CSS3

Des boutons qui flashent avec... CSS3

Mais aussi des petits effets de zoom comme ces simili polaroids :

Superbe galerie avec CSS3

Superbe galerie avec CSS3

Ou encore ces très beaux dégradés assortis d’animations (sliding vinyl) :

Animations et dégradés avec CSS3

Animations et dégradés avec CSS3

Et puisque l’on parle d’animations, il serait aussi possible de les utiliser pour des menus de navigation (Nicer Navigation with CSS Transitions) ou des effets de zoom : Make An Elastic Thumbnail Menu. Plus d’exemples ici : 45 Powerful CSS/JavaScript-Techniques.

Un menu en fish-eye avec CSS3

Un menu en fish-eye avec CSS3

Il serait même possible d’aller beaucoup plus loin comme nous le prouve les différentes expérimentations présentées sur Chrome Experiment dont l’incroyable jeu Crystal Galaxy :

Un shoot-them-up en javascript et HTML5

Un shoot-them-up en javascript et HTML5

Tout ceci est très encourageant, mais ne sera viable que dans quelques années quand ces navigateurs de nouvelle génération se seront répandus. Comptez ainsi 5 à 6 ans avant qu’IE 8 et ses prédécesseurs soient sur le déclin et que le marché se sente prêt à tourner la page. Cette période étant bien sûr sujette à une petite rallonge de quelques années si Microsoft décide de ne pas intégrer HTML5 et CSS3 à IE 9 (fort probable).

Le plus surprenant dans cette histoire (navrante) c’est que nous pourrions commencer à exploiter HTML5 et CSS3 très prochainement, non pas dans le navigateur mais en dehors : Adobe AIR 2 brings Advanced CSS3 Support to the Desktop. Et oui, car la prochaine version de AIR embarquera un moteur de rendu HTML de dernière génération qui bénéficiera de toutes ces avancées.

Comme c’est ironique : Utiliser une technologie Adobe pour faire mûrir les usages d’alternatives technologiques à Flash. Méditons là-dessus…

Les jeux Point and Click vont-ils revenir à la mode ?

En ce moment ce sont surtout les social games et les Rich Internet Games qui sont sur le devant de la scène, mais il y a une catégorie de jeux en ligne qui pourrait bien faire un come back fracassant en 2010 : les point and click games. Apparus il y a presque une trentaine d’année sur les ordinateurs 8 bits, la particularité de ces jeux étaient de proposer  une ambiance très immersive et un gameplay avant tout fondé sur l’observation et la manipulation d’objets. Certaines choisissaient de tout miser sur le graphisme (comme le mythique Myst), d’autres sur l’humour (comme le non moins mythique Leasure Suit Larry).

Depuis ces jeux sont passés de mode et se sont fait complètement largués par les simulations sportives, FPS et autres MMORPG. Oui mais voilà, il semblerait que nous ayons atteint un pic de réalisme dans les jeux et que certains joueurs de l’époque (dont je fais parti) aient la nostalgie des jeux privilégiant la qualité de la création artistique (au détriment du réalisme) et de la narration. Mélangez tout cela à de nouveaux canaux de distribution comme l’iPhone et vous obtenez de très bonnes conditions de marché pour donner une seconde vie aux point and click games.

Illustration avec le grand retour de Secrets of Monkey Island sur iPhone :

monkey.island.iphone

Il y a aussi des spécialistes comme Big Fish qui proposent tout une série de Hidden Object Games :

Dark Tales disponible chez Big Fish Games

Dark Tales disponible chez Big Fish Games

Ces jeux peuvent être testés en ligne mais sont limités car la version complète est payante et téléchargeable. Une mécanique bien huilée mais qui manque un peu d’âme (les jeux sont produits à un rythme industriel et se ressemblent tous plus ou moins).

Je vous propose donc de découvrir un jeu beaucoup plus intéressant : Machinarium. Le gameplay est le même mais le travail réalisé sur l’ambiance graphique et sonore ainsi que le story-telling est tout à fait remarquable :

L'univers graphique dégantée de Machinarium

L'univers graphique dégantée de Machinarium

Il est possible de jouer à la démo en ligne mais la version complète doit être achetée et téléchargée.

Les superbes décors de Machinarium

Les superbes décors de Machinarium

(via Tapahont)

Vous pourriez me dire que les jeux à télécharger n’ont rien de révolutionnaires, et vous auriez bien raison. Par contre se sont les conditions de marché qui ont changées : Avec la déferlante des netbooks, ce sont des millions de machines qui pourraient être ciblées par ces jeux, car ces dernières sont incapables de faire tourner des jeux plus lourds (avec de la 3D en temps réel). bon OK il y a bien eu cette démo technique au dernier CES (Tegra 2 runs Unreal Engine 3, puts high-end console 3D graphics in your pocket), mais ce n’est pas très sérieux de vouloir faire tourner un FPS sur un netbook.

Notez qu’il existe aussi d’autres plug-ins qui pourraient faire tourner des jeux de très bonne facture dans le navigateur, notamment le Unity Player qui propulse les jeux de Lego : Unity Powers 3D Lego Star Wars Browser Game.

Et ce n’est qu’un début puisqu’avec l’Open Screen Project, le lecteur Flash sera disponible sur de nombreux smartphones en 2010 : Flash Player bientôt disponible sur les smartphones Android. Autant de terminaux qui rentrent dans la poche et sont les compagnons de tous les jours de millions de trentenaires et quarantenaires qui ne demandent qu’à replonger dans les mécaniques de jeux de leur enfance, à l’image de ce portage de Maniac Mansion : Maniac Mansion 3D Remake.

Le remake de Maniac Mansion en Flash

Le remake de Maniac Mansion en Flash

Démo vidéo disponible ici :

(via Tapahont)

Netbooks, smartphones… il ne manque plus qu’un seul type de terminal à cibler : les touchbooks. Hé oui, car quand vous y réfléchissez bien les jeux en Flash qui fonctionnent sur le principe d’écrans à découvrir en cliquant un peu partout sont les candidats idéals pour venir apporter une dimension ludique aux touchbooks. Pour le moment le marché est embryonnaire, mais nous feront le point dans un mois ou deux quand la tablet d’Apple sera sortie et que le grand public découvrira le potentiel derrière ces machines.

Et tant que nous sommes dans le recyclage des jeux rétro sur des machines de nouvelle génération, nous pourrions-nous pas envisager un retour des jeux d’aventure textuels sur les ebooks ? Pourquoi pas des jeux du type Zork ou Les livres dont vous êtes le héros… Encore une fois je vous propose d’attendre quelques mois que les usages se développent.

Flash Player bientôt disponible sur les smartphones Android

Depuis le temps que l’on attend ça, Flash sera bientôt entièrement supporté sur le tout nouveau téléphone de Google : Flash Player 10.1 coming to Google Nexus One. C’est une très bonne nouvelle de pouvoir enfin bénéficier d’une version complète de Flash en situation de mobilité (c’est l’objectif annoncé de l’Open Screen Project) mais cela ne concerne pour le moment que le Nexus One de Google.

Du vrai Flash sur le Nexus One

Du vrai Flash sur le Nexus One

Réaliser un portage complet du Falsh Player sur un terminal mobile est en effet un gros chantier et il va falloir encore de nombreux mois de travail pour que ce chantier mobilisant les équipes d’Adobe, deGoogle et de Qualcomm soit finalisé. D’autres terminaux devraient suivre mais les sorties vont se faire au compte-goutte : Flash Player 10.1 coming to Motorola Droid et Flash Player 10.1 coming to Palm Pre.

Les premières expérimentations ont l’air concluantes (cf. Flash Player 10.1 public prerelease demos and interviews) et le player semble très réactif comme ici sur cette vidéo :

C’est une très bonne nouvelle pour l’industrie et surtout pour les utilisateurs qui vont pouvoir bénéficier de la très large palette de contenus Flash (vidéos, jeux…) sans subir la restriction d’un constructeur (vous voyez de qui je veux parler). Reste à voir dans quelle mesure la disponibilité de tous ces contenus ne va pas venir parasiter les sources de revenus comme ça peut être le cas pour le Palm Pre qui débute la commercialisation de jeux : 3D Gaming Comes to the Palm Pre.

(via Ryan Stewart)

Nouvelles versions pour Flash, AIR et Silverlight

Sur ce coup là j’ai carrément un train de retard, c’est inacceptable car en une semaine ce ne sont pas une mais trois nouvelles versions de technologies RIA / RDA qui viennent d’être annoncées.

Commençons par Adobe avec les sorties en beta de Flash 10.1 et de AIR 2.0 : AIR 2 and Flash Player 10.1 Betas now Available.

Au programme des nouveautés pour Flash 10.1 :

  • Prise en charge du multi-touch ;
  • Gains de performance ;
  • Disponibilité prochaine sur des terminaux mobiles comme le Palm Pre (cf. Full Adobe Flash Is Coming Soon to Mobile) ;
  • Grosse amélioration de la gestion de la mémoire.
Meilleure gestion de la mémoire avec Flash 10.1

Meilleure gestion de la mémoire avec Flash 10.1

Concernant AIR 2.0, voici les nouveautés :

  • Prise en charge des périphériques de stockage et du hardware (micro, webcam…) ;
  • Possibilité d’accéder aux commandes natives ;
  • Prise en charge du multi-touch et des commandes gestuelles ;
  • Mise à jour du moteur de rendu pour une meilleure gestion du HTML 5 / CSS 3…

Pour plus de détails ça se passe ici : Introducing Adobe AIR 2 beta.

Du côté de chez Microsoft, ils viennent tout juste d’annoncer la beta de Silvelright 4 lors de la Professional Developers Conference 2009. Voici les nouveautés :

  • Prise en charge complète de l’impression ;
  • De nouveaux éléments de formulaire (Rich Texbox with links…) ;
  • amélioration de la fluidité de l’interface et des effets proposés ;
  • Support de la webcam, du micro, du clic droit et de la molette dela souris ;
  • Copier / Coller depuis le clipboard ;
  • Fonctionne dans Google Chrome ;
  • Des applications deux fois plus rapides au démarrage (mais pas forcément à l’exécution ?) ;
  • Accès aux répertoires utilisateurs (”Mes documents, “Ma musique”…)…

C’est sur ce dernier point que Microsoft dévoile ses réelles intentions quand à cette nouvelle version de Silverlight : concurrencer à la fois Flash et AIR. Il sera ainsi possible d’installer des simili-applications sur votre bureau (ils appellent ça des client apps) pour pouvoir contourner les limitations du navigateur (et notamment la sandbox qui l’isole du système). Autant dire que cette possibilité change complètement la donne : Silverlight Four Is Going To Be Huge.

Illustration avec SilverFace, une Rich Desktop Application conçu avec le SDK de Facebook :

Silverlight + Facebook = SilverFace

Silverlight + Facebook = SilverFace

Pour résumer : ça ressemble à une application, ça se comporte comme une application et c’est du 100% Facebook (plus d’infos ici : Silverlight 4 In Beta, Screenshots of Facebook Desktop App et The Windows Platform, Silverlight 4, and Facebook.

Wow, que de nouveautés et de très très grosses ambitions pour Adobe et Microsoft qui semblent bien avoir décidé de se prendre de vitesse l’un comme l’autre. Pour le moment il ne s’agit que de versions beta, il reste encore à stabiliser tout ça, mais je pressens que 2010 va être l’année où la frontière entre service en ligne et application va disparaitre.

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