Apple annonce un framework javascript de création d’interfaces riches, on se calme

Décidément il y a des petits malins chez Apple qui se plaisent à entretenir le conflit du moment (cf. Vivement la fin du conflit entre Apple et Adobe) car nous venons de découvrir qu’Apple travaillerait sur un concurrent de Flash : Apple is developing a Flash alternative. Un concurrent de Flash ? Non pas tout à fait car il s’agit d’un framework javascript pour réaliser des interfaces riches. Le nom de code de ce framework est Gianduia et serait une version browser-side de Cocoa avec un peu de CoreData et de WebObject dedans (pour les détails c’est ici : Gianduia, une alternative à Flash ?).

Donc ce Gianduia serait en fait beaucoup plus proche de framework comme SproutCore, Cappucino (déjà utilisé par Apple pour MobileMe et iWork) ou JavascriptMVC que de technologies avec plugin comme Flash ou Silverlight. Ce framework permet de faire des interfaces en HTML / CSS / javascript avec un affichage et un comportement cohérent entre les différents OS et navigateur. Cela permet de gagner du temps et standardiser les développements.

Exemple d'interface en javascript utilisée par Apple

Exemple d'interface en javascript utilisée par Apple

Dans l’absolu Apple est carrément en retard sur ce coup là car il existe d’autres framework à la philosophie proche ainsi que de nombreuses bibliothèques dont certains proposés par de grands éditeurs comme Spry d’Adobe ou YUI de Yahoo! ou des bibliothèques open source comme jQuery ou Dojo.

Je ne me lancerais pas dans un comparatif de ces frameworks / bibliothèques, mais je sais qu’il faut beaucoup de moyens et d’énergie pour développer et maintenir une offre viable dans ce domaine. Eventuellement Apple pourrait proposer du code optimisé pour son navigateur (Safari) mais celà restreindrait carrément le champ d’application.

Un framework RIA en javascript qui serait proposé par l’éditeur d’un navigateur web. Ça ne vous rappelle personne ? Google peut être avec GWT et Chrome. Donc au final ce Guianduia est plus un concurrent de GWT que de Flash (cf. Avec Gianduia, Apple vise Flash et Silverlight, mais aussi GWT).

Je pense qu’il faut donc nuancer cette annonce et y voir une technologie utilisée en interne chez Apple plutôt qu’un concurrent direct de Flash. Donc on se calme (d’où le titre du billet).

Flash, grand conquistador du marché RIA

Adobe a profité du Mobile World Congress pour dévoiler une partie de sa stratégie de conquête du marché RIA; Stratégie qui rappelez-vous prend racine en 2003 avec les balbutiements de Flex première génération et l’aube du néologisme made in Macromedia (Rich Internet Application) scandé sur un whitepaper préconisant les bénéfices d’une meilleure expérience utilisateur; Stratégie qui depuis confirme les velléités d’universalisation de la technologie Flash à l’intérieur et à l’extérieur du navigateur avec l’ouverture du player au sein de l’Open Screen Project; Stratégie qui traduit aussi la sérénité avec laquelle certains choix technologiques du dernier player décriés par une partie de la communauté ont été entérinés face à une concurrence prétendue agressive et menaçante; Et stratégie enfin qui montre dans une vision macro avec quelle virtuosité la plateforme Flash s’immisce subrepticement chez les constructeurs pour tenir en respect les éventuels outsiders en matière de technologies riches. Parce dans le monde merveilleux d’Adobe, Java est un langage de développement d’outils tiers et de services web, Ajax un simple collaborateur navigateur et desktop, Silverlight une alternative marketing pour les développeurs .NET et Unity3D une technologie de jeux 3D réservée à l’iPhone et au navigateur.

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Blague à part, voici pour commencer le résumé de ce plan d’attaque découpé en 5 annonces, publiées pour la plupart sur le site d’Open Screen Project:

Arrivée d’un nouvel SDK pour la lecture des PDFs et eBooks sur mobile.
Cette technologie remplace Reader LE et embarque les formats PDF et ePUB avec gestion des DRMs à la clef. Bookeen, iRex Technologies, Lexcycle, Plastic Logic, Polymer Vision et Springs Designs ont répondu à l’appel et proposeront dans le courant de l’année des produits qui intègrent cette technologie. Sony lui joue les précurseurs avec Sony Reader.

Distributable Player Solution ou le packaging du processus d’installation Flash Lite 3.1.
Disponible sur le labs, cette solution est composée du dernier runtime et d’un nouvel outil répondant au doux nom de Mobile Packager. Cet outil permet de générer un installeur Nokia S60 (.SIS) ou Windows Mobile (.CAB) à partir d’un fichier cible SWF. Une fois déployé, un checker se chargera d’installer ou d’updater la version du player spécifiée lors de la publication. Pour faire simple, il s’agit d’une adaptation de ce qui est déjà proposé dans le navigateur. Le système de distribution est en beta et concerne seulement pour l’instant les Etats-Unis, l’Espagne, l’Italie et l’Inde. On s’étonnera par contre qu’Adobe délivre cet outil si tard, quand on connaît le rôle capital que jouent ces assistants au déploiement dans la pénétration d’un parc utilisateurs.
Adobe souligne son effort de distribution d’applications avec l’ajout de Nokia Ovi Store et Windows Mobile application store à la liste des anciens partenaires: ZED, Thumbplay and GetJar.

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Adobe et Nokia investissent la coquette somme de 10 millions de dollars pour encourager le développement d’applications Flash multi-screen.
Ces fonds sont disponibles dès maintenant précise Anup Murarka qui invite les équipes de développement à soumettre leur concept d’application via le formulaire prévu à cet effet. En cas d’affiliation, les auteurs conservent les droits de leurs productions. Voici une offre alléchante qui réconciliera peut-être certains studios avec Flash Lite.

Dans un même élan, on notera l’arrivée du Flash Lite Developer Challenge. Ce concours conçu en partenariat avec Thumbplay et Getjar est ouvert aux développeurs désireux de promouvoir leur application Flash Lite. En sus, 100.000 dollars de dotation seront offerts aux gagnants répartis en 7 catégories.

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Palm rejoint l’Open Screen Project
Encore une nouvelle qui doit faire grincer des dents Apple. Pour rappel une partie de l’équipe de développement iPhone avait quitté Cupertino pour fouler les pâturages software du Pre. L’outsider de Palm continue donc de se positionner en concurrent frontal de l’iPhone et ajoute à son arc l’intégration de la technologie Flash dans son WebOS.

La véritable annonce du MWC, c’est la disponibilité du Flash Player 10 pour tous les smartphones dès 2010, ou presque…
Après le teaser Kevin Lynch à Max San Francisco, on a la confirmation qu’Android, Windows Mobile et Nokia S60/Symbian seront les premiers systèmes d’exploitation à intégrer la dernière version du player Flash. Plusieurs betas devraient être lancées sur le labs courant 2009 dès que les produits seront estimés assez matures dixit Ryan Stewart.
Apple et BlackBerry demeurent les grand absents de cette annonce…

Pendant ce temps Microsoft contre-attaque avec LG et Apple joue stupidement l’embargo en privant ses utilisateurs d’une expérience web complète, du moins c’est ce que clament ses détracteurs.

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En piqûre de rappel voici un extrait de mon analyse du contexte et des enjeux économiques dans cette guerre des RIAs. J’avais tenté l’année dernière de décrypter les motivations d’Apple et Microsoft dans l’embargo sur les validations ES4.
En bref ?
Adobe ferait donc peur ? Encore récemment, Steve Jobs nous faisait une belle démonstration des craintes que pouvaient susciter l’essor de la plateforme Flash en boycottant le player sur la version Safari de l’IPhone et en vantant les prouesses du très conventionnel SproutCore pour faire avaler la pilule. “Euh… Mais Steve, si la technologie Flash n’est pas adaptée à l’IPhone, comment se fait-il qu’elle le soit à d’autres technologies mobiles ?” :p En exergue donc ici, les effets pervers du lobbying ou quand un fabricant d’OS et d’hardware informatique se met à truster la téléphonie mobile.
Mais les analystes le savent bien, c’est un conflit bien plus large qui se dessine à l’horizon. On pourrait le résumer en ces quelques mots: Desktop vs Browser.
Pour comprendre les enjeux économiques de ce nouveau combat, imaginez un ordinateur où le système d’exploitation ne serait plus qu’une pièce mineure pour faire fonctionner les applications, destitué peu à peu par les services proposés par le navigateur. C’est aujourd’hui, une partie du web qui menace le desktop, parce que les RIAs (cf: Photoshop Online powered by tamarin ou la menace potentielle des machines virtuelles en plugin navigateur), les (le devrais-je dire !) moteurs de recherche (cf: Google Operating System ou la prise en otage de l’information) et les réseaux sociaux (cf: Facebook et son écrasante plateforme F8 – prononcez fate – dont le nom de code ressemble à une inquiétante allegorie comme le prophétise Techcrunch) pourraient bien remplacer un jour, en partie ou totalement, les applicatifs qui tournent sur nos chers systèmes d’exploitation.

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La première version de cet ordinateur (où le système d’exploitation pourrait devenir une pièce mineure) s’appelle SmartPhone. Les investisseurs l’ont compris.
D’ailleurs pour revenir à l’extrait, il est marrant de constater avec quelle crédulité les arguments de Steve Jobs ont été accueillis en Mars dernier. Cristallisés depuis dans la mémoire collective des fanboys, ce sont ces mêmes arguments que l’on nous assène sans relâche pour défendre les intérêts d’Apple: La technologie Flash serait donc trop gourmande pour le processeur de l’iPhone ? Vaste blague ! Malheureusement, les porte-paroles d’Adobe soufflent dans le sens du vent et utilisent le xyloglotte pour traduire en dialecte politiquement correct les interminables tractations qu’ils essuient avec Apple.

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Shantanu Narayen, le CEO d’Adobe déclarait en début d’année: “C’est un défi technologique complexe, c’est pour cette raison qu’Apple et Adobe collaborent main dans la main. La balle est dans notre camp. Il nous incombe de trouver la bonne solution.” A Anup Murarka d’ajouter à Barcelone: “On adorerait nous aussi voir la technologie Flash embarquée sur l’iPhone, mais la décision finale sur le quand et le comment n’appartient qu’à Apple. C’est pourquoi nous continuons de travailler sur le sujet.“. Tout cela sent le discours marketing ultra-formaté et réchauffé. Flash Magazine s’était emparé à l’époque de la déclaration acidulée du CEO, pensant qu’il s’agissait là d’un présage de bon augure. Difficile de ne pas céder à la tentation quand on garde à l’esprit la révélation maladroite de Paul Betlem lors de la dernière édition de Flash On The Beach. Les participants  se souviennent encore de l’annonce d’un flash player pour iPhone totalement opérationnel présent dans les laboratoires d’Adobe, un player qui n’attendait que l’accord d’Apple pour être offert au grand public. La déclaration de l’ingénieur fut aussitôt enterrée à coups de déclarations officielles bien plus tièdes. Bill Perry résumera plus tard l’inertie de la situation en ces quelques mots: “Pas mal de travail reste à accomplir avec Apple, l’iPhone SDK et la licence qui l’accompagne ne nous permettant pas de délivrer une expérience complète de Flash dans le navigateur Safari de l’iPhone.“. Nul besoin d’être Champollion pour décrypter cet axiome xyloglotte.

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Soyons clairs, Apple ne compte pas rejoindre le projet Open Screen, ni accueillir le Flash Player 10 dans sa version complète sur Safari mobile. Apple protège jalousement son business model (iPhone SDK/iTunes Store) et propose au mieux de downgrader les fonctionnalités de la VM Adobe pour qu’elle se conforme à la licence de son SDK. Et dissipons pour finir un autre malentendu, l’argument SproutCore n’est qu’un leurre (cf: la pauvreté de l’expérience utilisateur MobileMe), d’ailleurs le conflit Flash vs Ajax n’a pas lieu d’être, mais ceci est un autre débat…

C’est dans ce contexte donc, qu’Adobe joue la carte de la concurrence en infiltrant le marché avec la démocratisation de sa technologie, l’essor de la plateforme Flash, l’expansion d’Open Screen Project et l’arrivée des applications multi-screens, applications 100% compatibles desktop, Nokia séries S, Windows Mobile, Palm Pre, PS3, Android, processeurs Intel Media CE 3100 et plus encore… Un argument choc qui pourrait bien faire plier Apple à terme et forcer l’adoption de la technologie Flash sous la pression commerciale de la concurrence.

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Résumons ! Adobe tente de proposer une expérience multimédia complète cross-browser et cross-OS, c’est l’essence même d’Open Screen Project. Ce sont ces mêmes raisons qui tiennent pour l’instant la technologie Flash à l’écart d’une véritable course à l’armement à l’instar de produits plus tape à l’œil (cf: Unity3D). Mais surtout, ce sont toutes ces problématiques (évidentes ? pas pour tous…) de poids et d’universalité middleware/hardware qui pourraient laisser la concurrence loin derrière si Adobe arrive à formaliser son offre à temps, SilverLight inclus, et ce même après le cuisant échec ES4.

So, wait and see !

Bientôt un bureau en 3D chez Apple ?

Alors que Microsoft innove en introduisant les pie menus dans le futur Windows 7 (Ballmer And Gates Demo Windows 7: Multitouch and Pie Menus), Apple semble explorer de nouveaux territoires pour les prochaines versions de Mac OS : Apple Exploring 3D Desktop and Application Interfaces.

La marque à la pomme a ainsi déposé un brevet en décembre 2008 (répondant au nom de Multidimensional Desktop) qui ambitionne d’exploiter une troisième dimension et donner ainsi de la profondeur au bureau.

Vous remarquerez donc dans le schéma suivant l’utilisation des côtés et du bas de l’écran pour déposer des objets :

Plus surprenant, les panneaux latéraux forment en fait une boucle (lorsque vous glissez une fenêtre vers la droite, elle réapparait à gauche comme si elle vous avait contourné) :

Encore plus intriguant, les panneaux latéraux (encore eux) pourraient également accueillir les icônes ou les commandes des applications (respectivement à gauche et à droite) :

Je doute fort que toutes ces innovations soient prêtes à temps pour la future version de Mac OS (Snow Leopard). Toujours est-il que l’on y voit maintenant un peu plus clair dans la roadmap d’évolution de Mac OS avec un système d’exploitation plus performant (avec l’abandon de la compatibilité avec les anciennes architectures) et des cartes graphiques plus puissantes (notamment sur les nouveaux macbook).

(via MacGeneration)

Apple chercherait-il une alternative à Flash ?

C’est en tout cas la question que se pose Ryan Stewart sur son blog : Apple finally goes RIA. En fait le “débat” tourne autour de SproutCore, un framework RIA qui repose sur Ajax (donc de l’HTML et du javascript). Il semblerait qu’Apple ait embauché son créateur (Charles Jolley) dans l’équipe de développement du tout nouveau Mobile Me (l’offre SaaS qui remplace .Mac).

Pourquoi faire cela ? Tout simplement pour internaliser des compétences capables de créer des interfaces sophistiquées (justifiant l’abonnement annuel à Mobile Me) sans pour autant avoir recours à Flash (la propriété d’Adobe avec qui Apple s’est fâché au sujet de l’iPhone).

Vous avez dit iPhone ? Oui tout à fait, car c’est bien de cela dont il est question : maîtriser la chaîne de bout en bout (hardware + software + web + mobile + TV) pour en dégager un maximum de revenus : To avoid Flash lock-in, Apple looks at SproutCore.

Et oui, c’est encore une histoire de gros sous. Mais tout ceci ne doit pas non plus éloigner les rumeurs (également persistantes) au sujet de QuickTime qui pourrait bien être un cheval de Troie pour Apple (qui pourrait le transformer en un environnement d’exécution universel à la AIR).