Pourquoi l’iPad n’a pas besoin de Flash

Voilà maintenant 2 semaines que l’iPad a été annoncé… et deux semaines que le marché se demande quand Apple va se décider à implémenter Flash. Autant le dire tout de suite : Je ne pense pas que Flash soit un jour disponible sur l’iPad (ni sur l’iPhone) et je n’y tiens pas car cela ruinerait toute l’expérience utilisateur.

Le succès de l’iPhone (et celui de l’iPad) repose sur une parfaite maitrise de l’interface

Quand vous y réfléchissez bien, quels facteurs ont participé au succès de l’iPhone : Des interfaces et modalités d’interactions homogènes et un usage quotidien reposant sur les applications. Pour être exacte, il s’agit plus de mini-applications qui sont utilisées de façon intermittente et ponctuelle.

En lançant un iPad propulsé par le même système d’exploitation que l’iPhone, Apple souhaite ainsi capitaliser sur cet héritage et même enrichir l’expérience avec des contenus multimédia (des comics comme chez PanelFly ou des magazine digitalisés comme chez Condé Nast).

Panelfly

Le web sans Flash est-il encore le web ?

L’iPad est également vendu comme le terminal de référence pour surfer sur le web depuis votre canapé. OK, mais tout comme l’iPhone, l’iPad ne permet pas d’afficher des contenus Flash. Ors d’après Adobe, Flash est devenu un élément indispensable du web : Open Access to Content and Applications et Apple’s iPad, a broken link?. Je ne peux qu’abonder dans ce sens car une grosse partie des contenus que nous consommons repose tout ou partie sur Flash (les vidéos sur YouTube, les jeux dans Facebook, une très grosse majorité de sites de marque, une part non-négligeable des applications en ligne… Lire à ce sujet l’article suivant : iPad Limits User’s Web Surfing.

Impossible d'afficher des contenus Flash sur l'iPad

Impossible d'afficher des contenus Flash sur l'iPad

À partir de là nous en venons donc à nous demander si le web sans Flash n’est pas un web limité, amoindri. Mais au fond, un web consulté à partir d’un terminal sans souris / clavier est de toute façon un web limité. D’autant plus si vous êtes habitué à surfer sur un écran plus grand que 1024*768 (soit 80% des lecteurs de ce blog) ou avec un navigateur comme Firefox et ses nombreuses extensions (plus de 60% des lecteurs de ce blog).

Bref, je suis convaincu que surfer sur un iPhone ou un iPad ne rend pas le même service que surfer depuis un ordinateur. Il s’agit donc d’un surf d’appoint, qui peut rendre de très précieux services, mais qui ne risque pas réellement de faire de la concurrence aux ordinateurs (et notamment les netbooks). Mais au final ce n’est pas très grave car cette limitation est compensée par la disponibilité de très nombreuses applications et par certains sites adaptés (comme Wikipedia).

À partir du moment où Apple à la capacité de fournir un service équivalent aux travers de ces applications (grande stabilité, basculement très rapide d’une application à l’autre) cela ne dérange pas les utilisateurs d’iPhone, moi le premier. Je dirais même plus que dans certains cas les applications sont plus performantes que les sites web (Facebook, Twitter…).

L’iPhone se passe très bien de Flash

Prenons un peu de recul et essayons de synthétiser l’usage de Flash et la gène que cela peut procurer aux utilisateurs d’iPhone :

  • Les vidéos ? Il y a déjà une application YouTube et de toute façon la bande passante en 3G est trop faible.
  • Les jeux ? Ceux disponibles en version native sont parfaitement adaptés aux capacités de l’iPhone et tournent plus vite.
  • Les applications en ligne ? Soyons sérieux, quelle application est réellement exploitable avec une surface d’affichage si restreinte et l’absence de souris / clavier.

Certes avec l’iPad et son écran beaucoup plus grand la gêne risque d’être plus forte, mais de toute façon les interactions reposant sur l’écran tactile sont beaucoup moins précises et efficientes qu’avec un clavier et une souris. Mieux vaut passer par une version de l’application spécifiquement adaptée aux contraintes / opportunités de la machine. De plus Flash est très gourmand et risquerait de fortement diminuer l’autonomie de l’iPad.

Donc au final l’iPhone se passant très bien de Flash, il n’y a pas de raison apparente pour que cela soit différent sur l’iPad. Ceci venant en plus s’ajouter à des histoires de DRM et de modèle économique qui font que Flash est perçu comme un danger pour l’iPhone (cf. Flash is the Real iPhone Killer).

ipad_flash

Flash risque de remettre en cause l’intégrité de l’expérience d’utilisation de l’iPhone / iPad

Mais ce qui est à mon avis un facteur rédhibitoire pour Flash, c’est l’impact qu’il pourrait avoir sur l’expérience utilisateur de l’iPad. Depuis le début de l’iPhone, les interfaces et interactions des applications doivent se conformer à la charte définie par Apple. C’est cette charte qui garantie l’intégrité et la cohérence des interface. Implémenter Flash veut dire s’extraire de la contrainte des applications native donc remettre en cause cette intégrité. Je suis convaincu que le succès de l’iPhone (et probablement celui de l’iPad) repose sur cette maitrise des interfaces.

Nous verrons bien ce que cela donnera sur les smartphones équipés d’Android (le système d’exploitation de Google qui permettra très bientôt de faire tourner des contenus Flash) ou sur les futurs touchbooks tournant sous Chrome OS, mais je pense que l’expérience sera moins bien maitrisée. Cela ouvrira beaucoup plus de possibilités, mais cela va rendre la prise en main plus complexe. Je reste donc fidèle à l’approche plus fermée d’Apple mais à ses interfaces parfaitement maitrisées (cf. Flash Is Never Coming To the iPhone).

Existe-t-il des alternatives ?

Oui bien sur, il existe toujours des alternatives :

  • La possibilité de compiler des contenus Flash en application iPhone avec la Creative Suite 5 (dont les performances et la stabilité restent encore à prouver);
  • La possibilité de passer par HTML5 et sa fameuse balise <video> ;
  • Le probable portage de Silverlight sur iPhone / iPad.

Silverlight sur l’iPhone OS ? Oui je sais ça peut sembler étrange comme idée mais je me devais de lister toutes les hypothèses. Pour le moment l’alternative technologique la plus crédible semble donc être HTML5. Mais n’oublions pas qu’Apple a l’entière maîtrise de la version mobile de Safari, donc ils peuvent tout à fait imposer des limitations de ce côté-là s’ils sentent une menace.

Donc au final il y a très peu de chances pour qu’une alternatives viable à Flash fasse sont apparition sur l’iPhone / iPad. De toutes façon ces machines n’en ont pas réellement besoin de Flash, et ça tombe bien car Apple n’est pas prêt à l’implémenter !

CSS3 et javascript seront-elles les technologies RIA du future ?

L’idée d’associer les interfaces riches à javascript peut vous sembler banale, mais je rappelle pour certain(e)s que l’époque du web pre-Ajax n’est pas si éloignée de nous (à peine 5 ans). Bref, tout ça pour dire qu’avec les dernières générations de navigateurs (Chrome, Firefox, Safari…) les améliorations apportées aux moteurs de rendu CSS ainsi qu’au moteurs javascript remettent en cause une partie des usages de technologies RIA que l’on croyait immuables, et plus particulièrement Flash.

Autant Flash reste la technologie de référence pour tout ce qui est animation vectorielle et manipulation de vidéos / sons, autant pour des usages plus basiques la question se pose… Elle se pose notamment chez Youtube, Dailymotion et Vimeo qui expérimentent tous les trois des lecteurs vidéo en HTML5. Et ce n’est que le début !

Prenons par exemple les techniques de remplacement d’image, elles deviennent obsolètes avec @font-face : Using @font-face.

Bien évidemment nous aurons toujours besoin de Flash, Silverlight et cie pour des interfaces véritablement riches, mais pour faire de petits enrichissements “locaux”, CSS3 va nous permettre de faire des choses tout à fait intéressantes comme en témoigne le dernier article de Smashing Magazine : The New Hotness: Using CSS3 Visual Effects. C’est ainsi un festival d’exemples comme ces boutons lumineux (Radioactive buttons) :

Des boutons qui flashent avec... CSS3

Des boutons qui flashent avec... CSS3

Mais aussi des petits effets de zoom comme ces simili polaroids :

Superbe galerie avec CSS3

Superbe galerie avec CSS3

Ou encore ces très beaux dégradés assortis d’animations (sliding vinyl) :

Animations et dégradés avec CSS3

Animations et dégradés avec CSS3

Et puisque l’on parle d’animations, il serait aussi possible de les utiliser pour des menus de navigation (Nicer Navigation with CSS Transitions) ou des effets de zoom : Make An Elastic Thumbnail Menu. Plus d’exemples ici : 45 Powerful CSS/JavaScript-Techniques.

Un menu en fish-eye avec CSS3

Un menu en fish-eye avec CSS3

Il serait même possible d’aller beaucoup plus loin comme nous le prouve les différentes expérimentations présentées sur Chrome Experiment dont l’incroyable jeu Crystal Galaxy :

Un shoot-them-up en javascript et HTML5

Un shoot-them-up en javascript et HTML5

Tout ceci est très encourageant, mais ne sera viable que dans quelques années quand ces navigateurs de nouvelle génération se seront répandus. Comptez ainsi 5 à 6 ans avant qu’IE 8 et ses prédécesseurs soient sur le déclin et que le marché se sente prêt à tourner la page. Cette période étant bien sûr sujette à une petite rallonge de quelques années si Microsoft décide de ne pas intégrer HTML5 et CSS3 à IE 9 (fort probable).

Le plus surprenant dans cette histoire (navrante) c’est que nous pourrions commencer à exploiter HTML5 et CSS3 très prochainement, non pas dans le navigateur mais en dehors : Adobe AIR 2 brings Advanced CSS3 Support to the Desktop. Et oui, car la prochaine version de AIR embarquera un moteur de rendu HTML de dernière génération qui bénéficiera de toutes ces avancées.

Comme c’est ironique : Utiliser une technologie Adobe pour faire mûrir les usages d’alternatives technologiques à Flash. Méditons là-dessus…

Synthèse des annonces de Adobe Max 2009

Voilà, la grande convention annuelle d’Adobe s’achève. Il est maintenant temps pour moi de vous faire une synthèse des nouveautés de ce MAX 2009.

Un nouveau Flash Player universel

Flash Player 10.1 disponible au premier trimestre 2010, cette nouvelle version sera la première “compatible” avec l’initiative Open Screen Project : Adobe Unveils First Full Flash Player for Mobile Devices and PCs. Concrètement cela veut dire que le prochain Flash Player sera disponible pour un très grand nombre de terminaux alternatifs (téléphones mobiles, smartphones, set-top-boxes…) et qu’il garantira un comportement homogène quel que soit l’environnement ciblé. Pour faire simple : un Flash Player universel.

Est-ce une bonne chose ? Oui tout à fait car cela permettra aux développeurs d’animations / applications Flash de les déployer n’importe où. Est-ce réaliste ? Non pas réellement dans la mesure où chaque terminal possède des spécificités dont il faut impérativement tenir compte (affichage, périphériques de saisie…).

Ce Flash Player universel est une première étape qui ne sera validée qu’avec la livraison d’outils d’édition permettant d’anticiper et de tester les particularités de chacun de ces terminaux. Device Central est l’outil idéal pour faire ça mais il faudrait le remettre à niveau.

Meilleure prise en compte des terminaux alternatifs

Outre des poids lourds comme Google et RIM qui ont annoncé leur volonté de rejoindre le consortium Open Screen Project, un certain nombre de partenariats industriels ont été passé avec des acteurs comme Nvidia, Qualcomm et Nokia pour améliorer l’expérience des interfaces riches sur les terminaux alternatifs comme les netbooks et smartphones.

C’est une très bonne chose car force est de constater que jusqu’à présent les interfaces riches n’étaient pas réellement viables sur ces terminaux : impossible par exemple de regarder une vidéo de plus de 30 secondes sur un netbooks sans de gros ralentissements de l’image. Ces industriels ont bien compris que la solution n’est pas d’équiper ces terminaux de processeurs plus puissants mais plutôt de donner accès à la carte graphique via de l’accélération matérielle.

Flash sur l’iPhone (presque)

Belle pirouette d’Adobe qui proposera bientôt la possibilité d’exporter une applications depuis Flash Professional CS5 vers l’iPhone : Adobe Opens iPhone to Flash Developers. Donc en clair il s’agit d’une astuce pour pouvoir palier au refus d’Apple (plus d’infos sur le site dédié Applications for iPhone).

Très honnêtement je ne pense pas que l’on verra du Flash sur l’iPhone avant de nombreuses années. Dans tous les cas de figure Apple est maitre sur son terrain et continuera d’imposer le passage obligatoire par iTunes. De toute façon je doute que l’expérience d’utilisation d’animations et applications Flash conçues pour un ordinateur soit réellement agréable à regarder / consommer sur un iPhone (cf. ce qui est dit plus haut sur Flash et les netbooks).

Une nouvelle version majeure de AIR

Autre nouvelle, la disponibilité au premier trimestre 2010 de la V.2 de AIR : Previewing Adobe AIR 2 at Adobe MAX. Au programme des nouveautés :

  • Amélioration des performances, de la sécurité et de l’accessibilité ;
  • Meilleur prise en charge du hardware, avec notamment la détection de supports de stockage externes (clés USB…) et l’accès à plus de périphériques (micro, accéléromètre…) ;
  • Support du multi-touch pour les terminaux compatibles ;
  • Prise en charge de l’HTML 5 et des CSS 3.

Avec un runetime toujours plus proche de la machine, les équipes d’Adobe vont très certainement frapper un grand coup et attirer toujours plus d’annonceurs. Il reste néanmoins du travail pour convaincre les éditeurs d’applications critiques nécessitant de la puissance. Idéalement je verrais bien une fusion de AIR et de Native Client (ha mince, on me signale que ce produit existe déjà, c’est Google Chrome).

Bon en tout cas moi je crois toujours en la nécessité pour Adobe d’éditer son propre browser (cf. Adobe pourrait-il sortir un browser ?). Ceci a d’ailleurs été confirmé à demi-mot lors qu’une session “presse” avec les équipes de la Flash Platform qui ont déclaré réfléchir sérieusement à la fusion du Flash Player avec Acrobat Reader (l’appellation “Adobe Reader” porterait alors tout son sens).

Plus de productivité dans les outils de développement

Autres annonces :

  • Nouvelles version de Flash Pro avec l’implémentation d’un moteur physique (certainement pour simplifier la tâche des développeurs de jeux en ligne) ;
  • Nouvelle version de Flash Catalyst avec pleins de nouveaux éléments d’interface, une meilleure gestion du texte et de nouveaux effets visuels (cf. Flash Catalyst Beta 2: New Features).

Très clairement l’accent est mit sur la productivité et la collaboration entre les différents membres d’une équipe de conception / développement. Tout ceci devrait encore s’améliorer avec la livraison de la suite complète CS5.

———

Voilà, ça fait donc une belle moisson de nouveautés que j’attends de pied ferme pour le début de l’année prochaine.

Toujours plus d’expérimentations pour la presse et les RIA

Après avoir explorer les représentations en mosaïques et sur des cartes du monde, je continue mon tour d’horizon des dernières expérimentation des sites de presse en matière d’interfaces riches.

Il y a tout d’abord l’interface façon “feuilletage rapide” de Google Fast Flip dont vous avez certainement déjà (trop) entendu parler :

L'interface de Google Fast Flip

L'interface de Google Fast Flip

En mode de visualisation sans grand intérêt si ce n’est de valoriser un mode de consommation boulimique de l’information : toujours plus de news en un minimum de temps. C’est très certainement pour répondre à ce besoin que certains acteurs repensent leur interface dans une logique d’agrégateur.

USA Today expérimente ainsi une interface baptisée NewsDeck qui fait furieusement penser à Netvibes :

USA Today + Netvibes = News Deck

USA Today + Netvibes = News Deck

Vous apprécierez au passage le défilement automatique des catégories en fonction de la position de la souris au dessus de chacune des catégories.

Toujours dans une logique d’agrégation, Microsoft est en train de travailler sur une application qu’ils définissent comme un “Next-Generation Newspaper” (cf. Microsoft’s vision for a “next-gen newspaper” looks like TweetDeck) :

Microsoft + News  +Sobees = Microsoft Newspaper

Microsoft + News +Sobees = Microsoft Newspaper

Les observateurs avertis y voient une forte ressemble à des outils comme TweetDeck, et pour cause puisque ce prototype a été développé en partenariat avec Sobees.

Dans leur vision des choses, cette interface serait comme un “hub” où se côtoieraient de la news et des alertes “sociales” (venant de Facebook, Twitter…) et qui serait disponible sur différents terminaux (ordinateur, notebook, smartphone…).

À suivre…

Adobe pourrait-il sortir un browser ?

Adobe ? Sortir un navigateur “maison” ? Oui tout à fait, lorsque l’on prend du recul sur ce qu’est devenu la gamme Adobe (et notamment la Flash Platform), on se dit que l’idée n’est pas si farfelue.

FlashPlatform.jpg

Flash Platform, la nébuleuse de produits d'Adobe

Avant toute chose, il faut savoir qu’Adobe a aujoud’hui une part de marché proche de 99% (Flash Player Statistics). Un très bon chiffre qui aurait contenté Macromedia mais qui n’est pas assez pour Adobe car Flash ne concerner qu’une petite partie de la gamme. Ils doivent donc voir plus grand et grignoter petit à petit des parts de marché ou plutôt des parts d’installation sur leurs différents player pour pousser les ventes des produits de la gamme.

Si l’on récapitule, cela concerne :

Voilà, le compte est bon : 7 “technologies” pour couvrir une très large gamme de besoins. Le problème c’est que cela fait 7 players à installer et à maintenir. Même si la direction d’Adobe a toujours travaillé dur pour maintenir le Flash player en dessous de la barre symbolique des 5 Mo, la logique de gamme risque de l’emporter et nous risquons de voir apparaitre un Adobe Bundle (ou un Flash Bundle) permettant de télécharger tout ces players. Tout ça ne vous rappelle rien ? Google Pack peut-être ?

GooglePack.jpg

Le Google Pack qui inclut un produit Adobe

Vu sous cet angle, une suite de petits players plutôt qu’un gros logiciel, il semblerait que l’Adobe Browser soit déjà sur votre machine au travers de l’Adobe Updater. Oseront-ils un jour “sortir du bois” et s’afficher au grand jour ? Pas évident dans la mesure où cela les métraient dans une position délicate :

Bref, ça n’est pas simple mais la question mérite d’être posée. Quelle serait selon vous la probabilité pour un Adobe Browser ?

Quel framework pour les animations en Javascript ?

J’avais publié en début d’année un article sur les CSS Animations et le fait qu’elles ne concurrençaient pas réellement les technologies RIA fondées sur un plug-in mais plutôt les framework d’animations en javascript (Pourquoi les CSS Animations ne sont pas concurrentes de Flash ou Silverlight). Le débat est relancé cette semaine avec la publication d’un article sur Six Revisions : 10 Impressive JavaScript Animation Frameworks.

L’idée de cet article est de faire le point sur 10 frameworks d’animation Javascript. Parmi les frameworks présentés, je retiens $fx (pour les soucoupes volantes) et scripty2 (pour sa démo de Solitaire). Plusieurs autres framewokrs ont été proposés dans les commentaires de l’article : script.aculo.us, jQuery, cakejs… Vous noterez qu’aucun de ces framework ne s’orthographie avec une majuscule au début (je dis ça, je dis rien).

scripty2.jpg

Un solitaire tout en javascript

Comme il est question d’animations en javascript, comment ne pas parler de Chrome Experiment, le portail d’expérimentation des possibilités du moteur javascript du navigateur de Google (qui fonctionnent forcément mieux avec … Chrome).

ChromeExperiments.jpg

Les expérimentations d'animations en javascript chez Google

Cette article relance le débat sur la performance des moteurs javascript des différents navigateurs. Dans ce domaine, le vainqueur est généralement celui qui publie les résultats de sa propre étude, ici le benchmark d’Apple :

JS_Benchmark.jpg

Comparaison des moteurs javascript des différents navigateurs

Pourquoi est-ce que je vous parle de tout ça ? Car les animations sont un élément essentiel des interfaces : elles illustrent, focalisent l’attention et améliorent grandement l’expérience d’usage (cf. Vive les transitions !). Du moins si elles sont utilisées à bon escient, mais c’est la même chose pour toute technologie de RIA.

Ces frameworks sont donc un bon moyen d’insérer des animations dans une interface en attendant l’arrivée à maturation des CSS Animations. Le tout étant de ne pas chercher à réaliser un exploit technologique là où des technologies comme Flash sont plus appropriées.

Au final je pense que nous n’en sommes qu’au tout début d’une nouvelle ère d’innovation pour les navigateurs qui après 10 ans d’existence sont en train de se métamorphoser (cf. Opera 10, Chrome 4, Firefox 4 : Vers des plateformes sociales et applicatives). Faire évoluer les technologies de base des navigateurs (HTML, CSS, Javascript) est un préambule indispensable, encore faut-il que cela se fasse dans la voie de la standardisation. Dans cette optique, des frameworks open source et largement rependus comme jQuery sont peut-être un choix plus pérene. Mais n’étant pas un spécialiste, je suis ouvert à toute argumentation à ce sujet (ça tombe bien les commentaires sont là pour ça).

200 millions d’installations pour Adobe AIR

Voilà moins d’un an et demi que la technologie de Rich Desktop Application d’Adobe est sortie et AIR a déjà dépassé les 200 millions d’installations : Adobe AIR now installed over 200 millions times. Un nombre tout à fait intéressant, surtout lorsque l’on sait que le rythme d’installation accélère (100 millions sur les 6 derniers mois).

Bien évidement les utilisateurs n’installent pas AIR pour le plaisir ou l’exploit technique, ce sont donc les applications qui tirent le déploiement. Au palmarès des applications les plus populaires nous retrouvons le pionnier eBay Desktop ainsi que les social softwares comme TweetDeck ou Seesmic Desktop.

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La version desktop d'eBay

Il y a également les applications proposées par les médias traditionnels comme le BBC iPlayer ou le NYTimes Reader.

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Le NY Times sur votre bureau

On retrouve enfin des applications plus “critiques” comme SocialTexet Desktop ou celles exploitant des ERP (SalesForce, Oracle ou SAP) ou encore cette assistant pour payer ces impôts en ligne en Pologne.

Socialtext_desktop.jpg

La version desktop de SocialText

Autre application critique, cette incroyable interface servant à piloter un robot de combat :

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L'interface de pilotage d'un robot de combat

Pour la petite histoire, le robot en question tourne sous Linux et embarque une mitrailleuse de calibre 50, elle se pilote à l’aide d’une manette de Xbox 360 (les jeunes recrues y étant particulièrement bien habituées). Plus d’infos ici : Adobe AIR driving the military of tomorrow.

Outre les bons chiffres de déploiement de AIR, je m’intéresse plus particulièrement aux applications payantes. Le cas du NY Times Reader est ainsi représentatif du modèle économique qu’il peut y avoir derrière une RDA payante : abonnement de 15$/mois pour un accès illimité aux contenus (récents et archives), consultation hors-ligne et lisibilité améliorée grâce au Text Layout Framework. Il existe une version gratuite mais limitée qui permet de faire découvrir les fonctionnalités et de tester le reader. Plus d’infos ici : NY Times Desktop Reader Gest a Makeover.

Autre exemple avec Pandora One Desktop, l’extension applicative du service de recommandations affinitaires de musique : une version gratuite mais limitée et une version payante à 3$/mois proposant une meilleure qualité d’écoute, le retrait des publicités et une diffusion quasi-illimitée. Plus d’infos ici : The Freemium Model And A Desktop App Get The Thumbs Up With Pandora One.

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La verison payante de Pandora

Ces deux exemples me confortent dans l’idée que le potentiel marchand d’une application (sa capacité à générer du C.A.) n’est pas fonction de sa sophistication (le nombre de fonctionnalités) ou de sa puissance (le nombre de données qu’elle est capable de traiter) mais plutôt de la qualité du service rendu. Et en ce sens, une plateforme de déploiement comme AIR n’est pas un frein : Le NY Times Reader ou TweetDeck ne sont pas mal considérées sous prétexte qu’elle ne sont pas développées en C++ ou qu’elle ne pèsent pas 800 Mo.

Est-ce la mode du Cover Flow ?

Connaissez-vous le Cover Flow ? Mais si enfin, c’est ce mode de visualisation et de navigation de pochettes d’albums dans iTunes (originellement inventé par l’artiste Andrew Coulter Enrightpuis adpaté par un développeur indépendant et finalement racheté par Apple en 2006). Bref, Voilà maintenant plus de deux ans qu’Apple a sorti son iPhone et son fameux mode de visualisation Coverflow. Une représentation qui visiblement plaît beaucoup puisqu’on le retrouve également dans le Finder du Mac OS X.

Le cover flow dans iTunes

Le cover flow dans iTunes

Vous devinez la suite : comme à chaque fois Apple est copié et l’on retrouve donc tout une série de composants permettant de faire de la navigation en mode Cover Flow.

Avec Flash (Flash iTunes Cover Flow – Version 2) :

Le Cover Flow avec Flash

Le Cover Flow avec Flash

Avec Flex (CoverFlow Flex Component) :

Le Cover Flow avec Flex

Le Cover Flow avec Flex

avec Silverlight (CoverFlow built using Silverlight 3’s Projection feature) :

Le Cover Flow avec Silverlight

Le Cover Flow avec Silverlight

Avec Ajax (AJAX Image Gallery powered by Slideflow – like Cover Flow) :

Le Cover Flow avec Ajax

Le Cover Flow avec Ajax

Il ne manque plus qu’une version JavaFX pour que le tableau soit complet (ha non mince il manquera toujours une version Curl).

Autant je suis séduis par cette modalité d’interaction sur mon iPhone car c’est ludique de faire défiler les pochettes d’albums avec son doigt, autant transposé sur le web (ou à l’écran) ce mode de visualisation ne rime plus à rien. Le problème vient de la manipulation : avec un écran tactile c’est intuitif mais avec une souris ou un clavier ça n’a plus aucun intérêt.

N’est pas Apple qui veut, je préfère ainsi un carrousel bien réalisé plutôt qu’un Cover Flow pas inspiré. Et vous ?

L’immersion, élément clé dans l’expérience de jeu en ligne

Dans le milieu des portails de casual gaming, il y a les acteurs historiques (Pogo, Cafe, PopGames, BigFish…) qui proposent des interfaces très classiques (façon portail en fait) et il y a les nouveaux entrants qui tentent de changer la donne en proposant une expérience différenciante au travers de leur interface.

Il y a tout d’abord Doof (dont j’ai déjà parlé ici : Social Networks + Casual Games = Social Games) qui propose une interface Flex très proche d’un Web OS avec des fenêtres, un menu sur le côté et un fond d’écran personnalisable (ils en sont à la V.3 mais je trouvais la tout première version nettement plus intéressante) :

La page d'accueil "Classic" de Doof

La page d'accueil "Classic" de Doof

Et il y a surtout OMGPOP (anciennement ImInLikeWithYou). La particularité de ce service est qu’il propose un nombre très restreint de jeux en ligne mais qui sont exclusivement multi-joueurs. Ce parti-pris est traduit au niveau de l’interface par une expérience très immersive :

La page d'accueil d'OMGPOP

La page d'accueil d'OMGPOP

Dans le détail l’interface est composée d’une barre de navigation en haut de l’écran, d’une social bar en bas de l’écran et de fenêtres réparties en deux colonnes. A priori rien de révolutionnaire et pourtant l’attention toute particulière portée aux événements et aux sons procure une étonnante sensation d’immersion :

Les alertes de bas de page d'OMGPOP

Les alertes de bas de page d'OMGPOP

Des alertes apparaissent ainsi en bas de l’écran en émettant un petit ‘bling’, de nombreux feedbacks visuels s’animent au survol de la souris sur les différents éléments de l’écran… Bref, il y a une vie dans cette interface qui participe à focaliser l’attention de l’internaute (du joueur ?) ou plutôt qui l’empêche de se disperser (en écoutant de la musique ou en surveillant la télé du coin de l’oeil).

Il y a aussi l’expérience unique que l’on ressent lors d’une partie de ‘Draw My Thing‘ (dessiner c’est gagné) lorsque plusieurs joueurs s’affrontent où jouent ensemble : une fenêtre à droite de l’écran permet de tchater, des info-bulles apparaissent un peu partout avec de petits sons (en plus des sons du jeu en lui-même) et il y a bien sûr le chronomètre qui est là pour donner du rythme aux parties :

L'interface du jeu Draw My Thing

L'interface du jeu Draw My Thing

Ici un jeu plus ‘arcade’ avec Ball Racer :

L'interface du jeu Ball Racer

L'interface du jeu Ball Racer

Il y a également une couche sociale très développée avec des profils, groupes et tchats qui respectent la même philosophie au niveau de la mise en page :

Une page profil dans OMGPOP

Une page profil dans OMGPOP

Bref, si vous ne connaissez pas, je vous recommande fortement d’essayer OMGPOP pou vivre une expérience unique (je n’ai pas trouvé d’équivalent sur le web… peut-être chez CasualCollective mais ça se limite aux jeux).
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Et puisque l’on parle de casual games, connaissez-vous SilverArcade ? Il s’agit du premier portail de casual gaming réalisé en Silverlight. L’expérience est assez similaire à ce que l’on peut trouver chez les homologues en Flash mais c’est suffisamment rare pour le signaler. Mention spéciale à Construction, un jeu de… construction avec un moteur physique très performant :

Le jeu Construction sur SilverArcade

Le jeu Construction sur SilverArcade

(via Clauer)

Est-ce la mode des mosaïques d’actualités ?

J’ai comme l’impression que les interfaces de visualisation de l’actualité sous forme de mosaïque sont à la mode. Il y a tout d’abord l’ancêtre NewsMap qui vient de sortir une seconde version :

L'information cartographiée par NewsMap

L'information cartographiée par NewsMap

Il y a ensuite l’interface expérimentale Article Skimmer du NY Times (cf. Une nouvelle interface minimaliste pour le NY Times) :

L'interface minimaliste du NY Times

L'interface minimaliste du NY Times

Et voilà maintenant que Google News s’y met avec sa Timeline (cf. Introducing Google News Timeline) :

La Timeline de Google News

La Timeline de Google News

Différentes technologies sont mises en oeuvre pour ses mosaïques (Flash, Ajax) mais le résultat est grosso modo le même. Ma préférence va au Skimmer du NY Times qui propose une lisibilité optimale qui est très proche de l’expérience de lecture d’un journal papier où les articles sont répartis en colonnes ou dans des blocs.

Finalement est-ce que nous ne sommes pas en train de revenir à un mode d’interaction façon “feuilletage” avec un premier survol du contenu et une seconde lecture plus attentive pour certains articles. Il y a également un côté très linéaire de même qu’une certaine tendance à sauter d’images en images. Et si tout ceci ne nous menais pas au principe proposé par CoverToCover (et son Playboy Archive) ?

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